JIMMY CLIFF
James Chambers, dit Jimmy Cliff, est un acteur et auteur-compositeur-interprète jamaïcain de reggae et de pop né le dans le Somerton District de la paroisse de Saint James (Colonie de Jamaïque, Antilles britanniques) et mort le à Kingston.
De renommée internationale, il est ouvert à différentes influences musicales. Ses chansons les plus célèbres sont : Many Rivers to Cross (1969), The Harder They Come (1972), Reggae Night (1984) et sa reprise de I Can See Clearly Now (1992).
Il a obtenu deux fois le Grammy Award du meilleur album de reggae : en 1986 pour Cliff Hanger ainsi qu’en 2013 pour Rebirth.
En 2010, il entre au Rock and Roll Hall of Fame.
Biographie
Débuts
Élevé par son père dans un milieu très pauvre, Jimmy Cliff quitte l’école à treize ans. Il apprend les chansons de rock ‘n’ roll de Fats Domino, Little Richard, Bobby Day ou Dee Clark. Sa carrière débute lorsqu’il quitte la campagne en autobus pour la capitale Kingston, où il rencontre Count Boysie (ne pas confondre avec Count Basie…) avec qui il enregistre les ska Daisy Got Me Crazy et I’m Sorry pour le sound system de sir Cavalier.
Fin 1961, il propose quelques chansons à Leslie Kong, dont le titre Dearest Beverley, qui décide le marchand de glaces à investir dans son premier enregistrement et à créer la marque Beverley’s. Le disque sort en Angleterre chez Island Records en même temps que celui de Bob Marley. Mais seul Hurricane Hatty de Jimmy Cliff deviendra un succès. Il enregistre d’autres singles chez Leslie Kong, dont King Of Kings et l’énorme succès local Miss Jamaica.
En 1964, Jimmy Cliff part en tournée avec Byron Lee, et s’envole avec lui pour New York en compagnie de Prince Buster, Millie Small et Delroy Wilson dans le but de promouvoir le ska aux États-Unis. Au cours de la même année, il est choisi comme l’un des représentants de la Jamaïque à l’Exposition universelle, et participe à un programme appelé This is Ska! aux côtés de Prince Buster, Toots and the Maytals, et Byron Lee and the Dragonaires. En 1965, il part pour Londres où il rencontre Chris Blackwell. Celui-ci le fait tourner avec un groupe de rockeurs blancs, dont Ian Hunter à la guitare et P.P. Arnold aux chœurs (ils passent à Paris au Palais des Sports en 1968). Il enregistre la reprise de Whiter Shade Of Pale de Procol Harum pour Island.
Premiers succès internationaux
En 1968, au Brésil, il représente la Jamaïque au concours international de la chanson qu’il gagne avec le titre Waterfall, qui lui vaut un succès énorme en Amérique du Sud. Il signe alors chez A&M et écrit le reggae Wonderful World, Beautiful People qui triomphe en Angleterre en 1969. Son premier album, réalisé par Leslie Kong, sort chez A&M aux États-Unis et chez Trojan en Grande-Bretagne. Il contient le morceau Vietnam, qui fait grande impression à Bob Dylan et à Paul Simon. On y trouve aussi la ballade Many Rivers To Cross, repris plus tard par Joe Cocker. En 1970 il reprend la chanson Wild World de Cat Stevens.
Jimmy Cliff obtient alors le premier rôle dans le film The Harder They Come de Perry Henzell qui raconte la dure réalité de l’industrie du disque en Jamaïque. Le tournage du film dure deux ans. Entretemps, Jimmy enregistre deux autres disques, Hard Road To Travel (Trojan-A&M) où l’on trouve une influence jamaïcaine teintée de pop anglaise. Avec Another Cycle (Island), il affirme son intention de toucher à tous les styles.
La bande-son du film est un grand succès pour Island. Il contient deux versions de The Harder They Come et les morceaux You Can Get It If You Really Want et Sitting In Limbo. Les autres titres sont de Desmond Dekker, Toots & The Maytals, The Melodians, Scotty et The Slickers. Jimmy refuse alors la proposition de Chris Blackwell et signe chez EMI et sort l’album Unlimited, sans succès. Il retourne alors chez Island et renoue avec un reggae rapide typique des premières années avec Struggling Man (1974).
Il enregistre des disques de pop, s’essaie aux rythmes sud-américains et collabore avec le chanteur de reggae Joe Higgs. Il enchaîne plusieurs albums aux styles ensoleillés dans différentes maisons de disques.
Évolution
En 1982, le titre Many Rivers to Cross est utilisé dans une publicité télévisée pour un parfum en France. La chanson est rééditée en 45 tours et se vend à 150 000 exemplaires.
L’année 1982 est une année charnière pour Jimmy Cliff quand il signe un nouveau contrat avec CBS, il est tourné vers l’Afrique et l’Amérique du Sud. Parallèlement, il fait la connaissance d’Amir Bayyan, un des guitaristes et claviéristes de Kool & The Gang. Ensemble, ils produiront les albums The Power & The Glory (1983) (qui contient Reggae Night, We All Are One et sera disque d’or en France), Cliff Hanger (1985) (qui contient Hot Shot, American Sweet et lui permet d’obtenir son premier Grammy Award du meilleur album de reggae) et Hanging Fire (1987) (qui contient notamment Love me Love me). Les musiciens de Kool & The Gang participeront aux enregistrements de la plupart d’entre eux. Ces trois albums propulseront Jimmy Cliff sur la scène internationale. Ces albums ont souvent une connotation humaniste chère à Jimmy Cliff. Il participe également à l’album Sun City avec le groupe Artists United Against Apartheid créé par Steven Van Zandt. En 1986, il fait les choeurs sur l’album Dirty Work des Rolling Stones.
En 1992, il obtient un nouveau succès en reprenant I Can See Clearly Now de Johnny Nash. Le titre porte la bande-son du film Rasta Rockett. En 1994, il participe à la bande originale du dessin animé de Walt Disney Le Roi lion, (1994) avec le titre Hakuna Matata.
Il obtient enfin un dernier tube en France en duo avec Bernard Lavilliers : Melody Tempo Harmony. En 1996, il se produit à la Fête de l’Humanité. En 1997, il sort l’album Higher and Higher qui sera disque d’or en France. Dans l’Hexagone, Jimmy Cliff a vendu deux millions de singles et un million d’albums.
Années 2000 à 2025
Jimmy Cliff collabore avec Annie Lennox, Joe Strummer et Sting pour son album Fantastic Plastic People en 2002. Il retravaillera certaines chansons pour son album Black Magic en 2004 et leur donnera un son plus électronique.
Le 20 octobre 2003, le gouvernement jamaïcain décore Jimmy Cliff de l’Ordre du mérite.
En 2005, il interprète en duo avec Yannick Noah Take Your Time. Son titre Sitting in Limbo est utilisé pour la bande son du film In Her Shoes de Curtis Hanson.
En , il devient membre du Rock and Roll Hall of Fame lors d’une cérémonie d’intronisation tenue au Waldorf Astoria de New York. La même année, il sort l’album Existence.
Jimmy Cliff est apparu dans le documentaire de 2011 Reggae Got Soul: The Story of Toots and the Maytals (Le reggae a de l’âme : l’histoire de Toots and the Maytals) qui a été diffusé sur la chaîne BBC et a été décrit comme « l’histoire jamais racontée de l’un des artistes les plus influents à avoir jamais émergé de Jamaïque ». En 2012 paraît l’album Rebirth et lui vaudra son deuxième Grammy Award du meilleur album de reggae.
En 2022, après dix ans d’absence, il sort l’album Refugees pour lequel il collabore avec Wyclef Jean, Dwight Richards et sa fille Lilty Cliff.
Mort
Le 24 novembre 2025, son épouse annonce sur Instagram et Facebook la mort de Jimmy Cliff, survenue des suites d’une crise convulsive suivie d’une pneumonie, à l’âge de 81 ans.
Vie privée
Contrairement à la plupart de ses compatriotes qui adoptent les thèses du rastafarisme, Jimmy Cliff est d’abord chrétien de par son éducation. Il fera ensuite pendant quelque temps l’expérience de l’islam après une conversion au Sénégal (en prenant comme nouveau nom : El Hadj Naïm Bachir). Il affirme croire en la science.
Il est marié et a un fils, Aken, et deux filles, Lilty et Nabiyah Be, cette dernière est chanteuse et actrice.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/63019-Jimmy-Cliff
ANNIE LENNOX
Annie Lennox, de son vrai nom Ann Lennox, née le 25 décembre 1954 à Aberdeen (Royaume-Uni), est une auteure-compositrice-interprète britannique.
Sa carrière musicale débute avec Dave Stewart et Peet Coombes en 1975 au sein du groupe The Catch, qui devient The Tourists en 1977. Après trois albums et la séparation du groupe, Dave Stewart et Annie Lennox continuent à collaborer et forment le duo Eurythmics, qui acquiert une notoriété mondiale en 1983 avec le single Sweet Dreams (Are Made of This). Durant les années 1980 avec huit albums studio et des singles à succès comme Here Comes the Rain Again, Sexcrime, The Miracle of Love et There Must Be an Angel (Playing with My Heart), Eurythmics devient l’un des principaux groupes de pop britannique de la décennie. En 1990, à la cérémonie des Brit Awards, Annie Lennox annonce officiellement la séparation du groupe et décide de se retirer momentanément pour se consacrer à sa famille.
La carrière solo d’Annie Lennox commence en 1992 avec l’album Diva qui reçoit à la fois la reconnaissance des critiques et les faveurs du public. Elle réalise en 1995 un album de reprises Medusa. Le titre phare No More I Love Yous remporte le Grammy de la meilleure performance vocale pop féminine. Après une pause de huit ans, elle revient en 2003 avec l’album Bare. Elle remporte en 2004 un Oscar et un Golden Globe pour la chanson Into the West, extraite de la bande originale du film Le Retour du Roi. L’album Songs of Mass Destruction sort en 2007.
Durant sa carrière, Annie Lennox a remporté à six reprises le Brit Award de la meilleure chanteuse britannique. Reconnue pour ses capacités vocales, elle a également signé avec Dave Stewart l’ensemble des chansons d’Eurythmics et ils reçoivent en 1983 et 1986 l’Ivor Novello Award de l’auteur de l’année. Durant sa carrière solo, Annie Lennox continue d’écrire et composer ses titres et remporte en 1993 l’Ivor Novello Award de la meilleure chanson pour Why.
En 1992, lors du concert hommage à Freddie Mercury disparu quelques mois plus tôt, The Freddie Mercury Tribute, pour lequel une pléiade d’artistes étaient invités à reprendre les tubes de Queen, Annie Lennox et David Bowie, co-auteur de la chanson, ont livré une interprétation magistrale de Under Pressure.
Préoccupée par la cause tibétaine, elle a soutenu le moine Palden Gyatso et le musicologue Ngawang Choephel, deux prisonniers d’opinion tibétains pour la libération desquels Amnesty International fit campagne.
Selon sa maison de disques RCA, Annie Lennox a vendu plus de 80 millions de disques durant sa carrière, avec Eurythmics et en solo. Elle est faite Officier de l’Ordre de l’Empire britannique le 31 décembre 2010, pour services rendus à Oxfam.
Biographie
Enfance
Fille unique d’un père chaudronnier sur les chantiers navals et d’une mère cuisinière, elle grandit dans une famille pauvre et prend des cours de piano à l’école dès l’âge de 7 ans. Adolescente troublée, en partie à cause d’un père qui la surprotège, elle cherche à conquérir son indépendance. À 17 ans, elle saisit l’occasion de partir pour Londres étudier la flûte, à la Royal Academy of Music. Après trois années d’étude, elle en ressort sans diplôme, estimant que cette voie ne lui conviendrait pas. Elle est fascinée par la musique des artistes noirs de la Motown.
Dave Stewart et The Tourists
Eurythmics
Carrière solo
Depuis la fin de Eurythmics en 1990, Annie Lennox a continué une carrière solo. Ses productions sont très espacées, elle a en effet sorti quatre albums en seize ans (de 1992 à 2008). Sur ce point, Annie Lennox déclare qu’elle a connu un rythme professionnel très dur durant les années 1980 et la période Eurythmics et qu’elle privilégie à présent sa vie personnelle et sa famille.
Diva et Medusa
Son premier album solo, Diva, en 1992. Pour la production de l’album, elle travaille avec Simon Fuller. L’ensemble des chansons est écrit et composé par Annie Lennox. L’album est globalement apprécié des critiques, même si plusieurs (dont Robert Christgau) attaquent le côté simpliste des paroles.
Au Royaume-Uni, Why atteint la première place des ventes d’albums et est certifié quatre fois disque de platine. Lors de l’édition de 1993 des Brit Awards, Annie Lennox remporte les trophées d’artiste féminine de l’année et d’album de l’année. Initialement, Annie Lennox ne désirait pas que son album soit distribué aux États-Unis, car elle trouvait le style trop éloigné des standards actuels. L’album est pourtant certifié deux fois disque de platine et lors des Grammy Awards, Annie Lennox obtient trois nominations : Album de l’année, Album pop de l’année et Meilleure vidéo long format. C’est dans cette dernière catégorie qu’elle sera distinguée, grâce à un film vidéo réalisé par Sophie Muller compilant les clips tournés pour chaque chanson de l’album.
Le premier single issu de l’album Why obtient le prix Ivor Novello de la meilleure chanson contemporaine. Il se classe à la troisième place des charts anglais. Les autres singles sont Precious, Walking on Broken Glass, Cold et Little Bird. Ce dernier est exploité en single comme une double face A, avec la chanson Love Song for a Vampire écrite pour la bande originale du film Dracula de Francis Ford Coppola.
Trois ans plus tard paraît Medusa, album de reprises qui est anticipé par le tube No More I Love you’s. Grâce au succès du premier single (#2 en Angleterre) et de l’album Medusa (#1 en Angleterre et #11 aux États-Unis), Annie Lennox arrive à remporter en 1995 le Grammy de la meilleure performance vocale pop féminine.
Reformation de Eurythmics et Bare
En 1997, elle réenregistre la chanson d’Eurythmics Angel en hommage à Diana, princesse de Galles. Elle renoue avec Dave Stewart en 1998 et les deux artistes reforment momentanément le groupe Eurythmics en 1999 pour l’album Peace. En 2000, elle se recentre sur sa carrière solo et reprend la chanson Don’t Let it Bring You Down de Neil Young qui sera utilisée pour la bande originale du film American Beauty.
En 2003, Annie Lennox revient sur la scène musicale avec son troisième album solo, Bare, mais celui-ci ne rencontre pas le même succès que ses précédents albums. L’année suivante, elle gagne l’Oscar de la meilleure chanson pour le titre Into the West du troisième film de la trilogie du Seigneur des anneaux, Le Retour du Roi. Elle avait également enregistré pour le film Use Well the Days, titre dont les paroles reprennent de nombreuses citations de Tolkien. Cette chanson n’est finalement pas retenue pour le film, mais elle apparaît toutefois sur un DVD bonus incluant une édition spéciale de la bande originale.
Songs of Mass Destruction
En juillet 2005, Annie Lennox participe au concert du Live 8 à Hyde Park, à Londres. La même année, elle chante Hush, Hush, Hush, une reprise de Paula Cole que l’on retrouve sur l’album Possibilities d’Herbie Hancock. Son quatrième album, Songs of Mass Destruction, sort en 2007 et est suivi deux ans plus tard par une compilation des titres de sa carrière solo : The Annie Lennox Collection.
En 2008, RCA annonce qu’Annie Lennox a vendu plus de 80 millions de disques durant sa carrière solo et la période avec Eurythmics.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/23825-Annie-Lennox
AL GREEN
Albert Leornes Greene dit Al Green, né le 13 avril 1946 à Forrest City (Arkansas), est un auteur, compositeur, producteur et chanteur soul, et un pasteur chrétien évangélique pentecôtiste américain. Bercé par les pionniers du genre (Ray Charles, Sam Cooke, Solomon Burke), il en fut l’un des plus célèbres représentants durant les années 1970.
Biographie
Premiers pas
Greene est né le 13 avril 1946 dans l’Arkansas, d’un père métayer. Il est le sixième des dix enfants qu’auront ses parents de condition modeste. Il commence à chanter à l’âge de neuf ans dans un quartet de gospel de Forrest City que lui et ses trois frères avaient fondé, les Greene Brothers. Ils partent en tournée dans le sud-est des États-Unis au milieu des années 1950 jusqu’à ce que la famille déménage à Grand Rapids dans le Michigan. Ils chantent alors dans le Michigan et dans la partie nord des États-Unis (Chicago). Son père le sort du groupe après l’avoir surpris en train d’écouter Jackie Wilson.
Adolescent, Al Green forme un groupe appelé Al Greene & the Creations avec des amis du lycée. Deux d’entre eux, Curtis Rogers et Palmer James, créent un label indépendant appelé Hot Line Music Journal. Le groupe, bientôt rebaptisé Al Greene and the Soul Mates, enregistre un single pour le jeune label, faisant de Back up train (1967) le premier succès du jeune prodige (cinquième des ventes R&B). Alors que le succès des Soul Mates s’essouffle, Greene rencontre Willie Mitchell, numéro deux de Hi Records à Memphis. Le musicien l’embauche comme chanteur pour son groupe lors d’un spectacle au Texas et, par la suite, fait signer Greene en solo. Sa carrière solo est lancée pour atteindre son apogée avant de connaître un brusque changement au cours des années 1970. Il faudra attendre 2003 pour voir son retour sur la scène internationale dans un registre soul & funk qui fera danser de nombreux fans.
Un succès progressif
Engagé au début des années 1970 chez Hi Records, Al Green (qui a ôté un « e » à son nom de ville) enregistre Green is Blues (1971), un tout premier album produit par Mitchell1. Si l’album reçoit un succès mitigé, aucun des titres ne parvenant à se classer dans le Top R&B, Green is Blues pose les bases de l’œuvre Green : valorisation de la basse, nombreux vents, primauté de la voix du chanteur. Celle-ci, particulière, ne décolle réellement qu’avec la reprise du tube des Beatles I Wanna hold your Hand ; Tomorrow’s dream et Get back baby révèlent clairement, en outre, le potentiel musical du jeune chanteur.
Si la recette ne change pas véritablement, l’accueil que le public fait à son deuxième album lance la carrière d’Al Green. Sur Al Green Gets Next to You (1971) apparaissent en effet ses premiers tubes, bien servis par une voix que le chanteur maîtrise mieux désormais. You Say It, Right Now Right Now, I Can’t Get Next to You et Tired of Being Alone sont bientôt remplacés dans les charts R&B et Pop par les extraits du troisième album de Green, Let’s Stay Together (1972). La machine commerciale est bien lancée et se poursuivra jusqu’en 1975, le sommet étant atteint avec You Ought to Be with Me, du 4e et probablement meilleur album du chanteur, I’m Still in Love with You (décembre 1972) (la concurrence avec Call Me, sorti quelques mois plus tard, fait certes rage en 1973).
Ainsi se succèdent les titres qui font d’Al Green, au début de la décennie 1970, un des représentants les plus emblématiques de la musique soul. La voix maîtrisée, la basse a quelque peu laissé place à la première guitare et au clavier, donnant souvent aux singles une efficacité imparable : Let’s Stay Together (premier des ventes R&B et Pop), Look What You Done for Me, I’m Still in Love With You, Call Me (Come Back Home), Here I Am (Come and Take Me), Sha La La (Make Me Happy), L-O-V-E (Love).
Le tournant gospel
C’est ainsi bien au sommet de sa carrière qu’Al Green voit son destin frappé par le malheur : le 18 octobre 1974, Mary Woodson, sa petite amie de l’époque, l’agressa en versant de la pâte de maïs bouillante sur lui alors qu’il s’apprêtait à se doucher. Brûlé gravement, criant de douleur, il entend son agresseuse prendre la fuite et se donner la mort dans la chambre voisine2. Profondément choqué, Green voit dans le drame un signe divin et décide d’agir en conséquence. En 1976, il est ordonné pasteur chrétien évangélique à l’église pentecôtiste du Full Gospel Tabernacle de Memphis.
La révolution de l’homme transparait peu à peu dans l’œuvre de l’artiste, les LPs Full of fire et Have a Good Time témoignant d’une certaine gravité jusque-là absente du repertoire musical de Green. Le chanteur ne classe guère plus ses singles dans les charts Pop, et sa relation avec Mitchell se détériore, amenant le duo à rompre leur travail commun en 1976. Green monte son label, American Music, et produit seul The Belle Album (1977), sa dernière œuvre soul saluée et reconnue.
Victime d’un nouvel accident, cette fois sur scène (1979), Green décide radicalement de mettre un terme définitif à sa carrière R&B. Raréfiant ses apparitions, désormais réservées aux offices religieux, il multiplie les projets gospel (pour lesquels il remportera un total de 8 Grammy). En 1984, Robert Mugge lui rend hommage en réalisant Gospel according to Al Green, un documentaire incluant des interviews du chanteur et des extraits d’offices en son église.
Retour à la musique séculière
Après avoir passé quelques années à ne chanter que du gospel, Al Green renoue avec ses origines musicales. Entre des albums plus orientés R&B, donc, il enregistre un duo avec Annie Lennox, Put a little love in your heart (1988) ; En 1994, son duo avec le chanteur de country Lyle Lovett mélangea country et R&B, lui faisant gagner un neuvième Grammy, cette fois dans la catégorie pop music. Son album Your heart’s in good hands (1995), reçoit de bonnes critiques mais ne convainc pas le public ; il entre au Rock and Roll Hall of Fame la même année. Son morceau Let’s Stay Together fait partie de la bande originale du film Pulp Fiction de Quentin Tarantino, film culte qui relance la soul et la funk des années 1970 (ainsi que la Surf Music des années 1960).
En 2000, il publia Take me to the river (Amène-moi à la rivière), un livre retraçant sa carrière. Il reçut un Grammy pour l’ensemble de son œuvre en 2002. En 2003 il sort un album non religieux I can’t stop, la première collaboration avec Willie Mitchell depuis l’album de 1985 He is the light. Puis en mars 2005 sort Everything’s ok, la suite de I can’t stop.
Récompenses
En 2020, au cours de sa carrière, il avait reçu 11 Grammy Awards.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/25261-Al-Green