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BEE GEES

The Bee Gees est un groupe anglo-australien formé en 1958 à Brisbane (Queensland) en Australie par trois des frères Gibb originaires de Douglas (île de Man) : Barry et les jumeaux Robin et Maurice, initialement associés à un guitariste (Vince Melouney) et à deux batteurs (Colin Petersen et Geoff Brigford) australiens. Le total des ventes de disques du groupe sur toute sa carrière est estimé à 220 millions, faisant de lui l’un des plus grands vendeurs de disques.

Au cours de leur carrière d’une quarantaine d’années, on peut distinguer trois périodes distinctes de succès :

Au cours de sa carrière, le groupe a gagné neuf Grammy awards et a été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame. Une quarantaine de ses titres ont été classés dans les charts du monde entier entre 1965 et 2001, et dix-sept de ses compositions ont été numéro un dans les classements américains entre 1971 et 19836.

Les Bee Gees sont un groupe à trois harmonies vocales. Barry chante avec sa voix classique et avec une voix de fausset apparue dans les années 1970, Robin donne un vibrato aérien, et Maurice, qui est aussi le directeur musical du groupe, chante les harmonies hautes ou basses. Les trois frères sont aussi musiciens, Barry joue de la guitare, Robin de l’orgue et Maurice de la basse, de la guitare, de la batterie et du clavier. Les trois frères ont écrit la quasi-totalité de leurs chansons et affirmé « se sentir comme une seule personne en travaillant ensemble ».

Le 12 janvier 2003, alors âgé de 53 ans, Maurice, qui souffrait d’une occlusion intestinale, n’a pas supporté l’opération et est mort à la suite d’une attaque cardiaque. Robin meurt à 62 ans en mai 2012 des suites d’un cancer. Le plus jeune de la fratrie Gibb, Andy, qui faisait une carrière en solo, est quant à lui mort en 1988, à l’âge de 30 ans, d’un problème cardiaque causé par son addiction aux drogues dures. Le seul membre encore vivant, Barry, continue à effectuer des tournées, après la dissolution du groupe en 2012.

 

Histoire

La famille

Les trois frères du groupe font partie de la famille Gibb. Ils sont nés sur l’île de Man (dépendance de la couronne britannique). La famille se compose de Hugh Gibb, de Barbara Pass8, le père et la mère, de Lesley Evans, l’aînée, née en 1945, de Barry né en 1946, des jumeaux Robin et Maurice nés en 1949 et d’Andy Gibb, né en 1958.

En 1955, la famille s’installe à Keppel Road, Chorlton-cum-Hardy, près de Manchester : c’est là que les jeunes frères Gibb chantent pour la toute première fois et que naît Andy. Les jeunes garçons se conduisent parfois comme des chenapans et la famille doit quitter la région. À la fin de l’année 1958, la famille part à Brisbane, en Australie, et emménage dans l’un des quartiers les plus défavorisés de la métropole, Cribb Island. Barry déclare à ses frères qu’ils doivent prendre une décision : soit ils deviennent des voyous, soit ils deviennent des musiciens.

 

Débuts

À leurs débuts dans le Queensland, en 1958, les frères Gibb — Barry, Robin et Maurice — chantent avec Paul Frost et Kenny Oricks, et sont connus sous le nom de The Rattlesnakes, changeant de nom plus tard en Wee Wish Johnnie Hayes and The Bluecats. En 1962, les trois frères deviennent The Bee Gees. Les initiales « BG » proviendraient de différents noms : Barbara Gibb (leur mère) ; Barry Gibb ; Brothers Gibb (« frères Gibb ») ; Bill Goode, un disc-jockey et organisateur de courses automobiles. Le groupe se produit alors entre 1964 et 1966 dans des émissions de variétés locales et interprète avec brio des reprises de Bob Dylan comme Blowin’ in the Wind, ou encore Out of Time des Rolling Stones. Les harmonies vocales et le vibrato aérien de Robin marquent la signature du groupe. Le trio publie à cette même période deux premiers albums, mais sans succès. Fans des Beatles et des Rolling Stones, les frères Gibb décident de retourner en Angleterre. Coïncidence : durant leur voyage pour Londres, en décembre 1966, leur titre Spicks and Specks est numéro un en Australie.

 

Premiers succès

Robert Stigwood est le manager qui va lancer les Bee Gees en 1967 comme « le nouveau talent musical de l’année ». Le groupe se compose alors des trois frères, Barry à la guitare, Robin à l’orgue, Maurice à la basse et de deux amis australiens, Colin Petersen à la batterie et le lead guitariste Vince Melouney. Les arrangements orchestraux des morceaux sont alors signés Bill Shepherd. C’est dans les studios IBC de Londres que le groupe peaufine la préparation de son premier album au mois d’avril. L’album Bee Gees’ 1st sort trois mois plus tard, au mois de juin. Il se classe respectivement 8e et 7e au Royaume-Uni et aux États-Unis. L’album est de style pop-folk, et certains titres adoptent un style plus psychédélique puisant ses influences chez les Beatles, tels que In My Own TimeTurn of the CenturyEvery Christian Lion Hearted Man Will Show You. L’album est encensé par la presse musicale, et ils deviennent les nouveaux Beatles. Entre avril et décembre 1967, le groupe publie plusieurs singles à succès : New York Mining Disaster 1941HolidayTo Love Somebody, et Massachusetts, son premier numéro un mondial (plus de 5 millions de singles vendus). L’année suivante il sort deux albums pop-rock, Horizontal et Idea, et signe de nouveaux succès tels que WorldWordsI’ve Gotta Get a Message to YouI Started a JokeTomorrow Tomorrow. Les Bee Gees cartonnent, Barry devient le sex symbol du groupe et les garçons font une brève tournée en Belgique, Allemagne, Angleterre, Suisse et aux États-Unis. C’est dans cette ascension fulgurante que Maurice Gibb épouse en grande pompe une autre pop star british Lulu.

En janvier 1969 sort l’album concept pop-baroque Odessa ; First of May est le nouveau titre, mais des tensions règnent au sein du groupe, Colin Petersen et Vince Melouney sont remerciés bien que des contrats de travail les lient aux Bee Gees. Robin Gibb qui chante sur plusieurs succès commerciaux a de plus en plus de mal à accepter de rester au second plan face à Barry , et en février 1969 il quitte le groupe à son tour. Lesley Evans, la sœur aînée, le remplace très brièvement lors d’un concert filmé pour l’émission de TV de Lulu. Malgré les succès des autres titres de l’album Lamplight et Marley Purt Drive, la promotion d’Odessa est interrompue. Robin enregistre le titre Saved by the Bell qui est un succès. Le groupe continue sous le même nom avec Barry et Maurice, qui enregistrent l’album Cucumber Castle et le tube Don’t Forget to Remember. Puis chacun des deux enregistre un album solo (albums jamais édités à ce jour). Il semble alors que le groupe ne se reformera plus. Mais la carrière solo de Robin est difficile, et en juin 1970 il revient d’abord avec Maurice, puis avec Barry : le groupe se reforme. En décembre 1970 il déclare dans Time Magazine : « Si nous n’avions pas été parents, nous ne nous serions probablement jamais remis ensemble ».

L’année 1971 marque le retour du groupe avec des hits comme Lonely DaysHow Can You Mend a Broken Heart (numéro 1 aux États-Unis), My WorldRun to Me. C’est surtout aux États-Unis que les Bee Gees triomphent, mais ce come-back est de courte durée. En 1972, The Bee Gees deviennent Bee Gees. Durant cette période, la musique du trio semble être passée de mode, entre country et pop, les singles IsraelAliveLiving in ChicagoSaw a New MorningWouldn’t I Be Someone qui sortent entre 1972 et 1973 n’ont pas de succès, les Bee Gees donnent malgré tout des séries de concerts, notamment en Asie. Mais le groupe est au point mort. Maurice Gibb divorce de Lulu, et le trio est condamné à jouer dans les petits clubs du nord de l’Angleterre à la fin de l’année 1973. En janvier 1974, un LP qui devait s’appeler A Kick in the Head Is Worth Eight in the Pants est rejeté par leur manager, Robert Stigwood, à la suite de l’échec des précédentes sorties du groupe.

Stigwood suggère aux Bee Gees d’utiliser Arif Mardin surnommé « le docteur de la musique » comme nouveau producteur et de changer de cap musical. Ils quittent l’Angleterre pour s’installer à Miami et travailler dans les studios Criteria. C’est un nouveau départ pour le trio qui décident de former un nouveau groupe avec Barry à la guitare, Maurice à la basse, Alan Kendall à la lead guitare, Denis Bryon à la batterie et Blue Weaver aux claviers. Les Bee Gees renouent avec la soul et publient l’album Mr Natural. Le groupe donne un nouveau souffle à sa musique.

 

Période Disco

En 1975, les Bee Gees enregistrent l’album funky, Main Course aux studios Atlantic de New-York et Criteria à Miami. Cet album atteint la 5e place du hit-parade britannique le 2 août 1975 puis la 14e place du hit-parade américain le 20 mars 1976. C’est dans cet album que Barry chantera pour la première fois en falsetto, ce qui contribuera au nouveau son des Bee Gees et à leur regain de popularité. Le single qui en est extrait, Jive Talkin’, est no 5, puis no 1 aux États-Unis le 9 août 1975 dans le Hot 100 du magazine Billboard. Night on Broadway est le second single qui sort en septembre, la chanson se classe 4e aux États-Unis et entre dans les top 20 dans le reste du monde. Fanny Be tender et Come on Over sont les autres succès de cet album. L’année suivante le groupe sort l’album Children of the world, au son plus Rn’b, s’offrant également les services de deux sorciers des studios du moment, Albhy Galuten et Karl Richardson. You Should Be Dancing est leur premier single à l’allure disco (no 6 au RU le 28 août 1976 ; no 1 en EU le 4 septembre 1976). D’autres singles à succès suivront : Love So rightBoogie Child et Children Of the World. Les Bee Gees triomphent à nouveau aux États-Unis, entamant une tournée américaine de 20 dates en novembre et décembre. En janvier 1977 ils donnent quelques concerts au Canada. Ils sortent en mai 1977 leur premier album live Here at Last… Bee Gees… Live : cet album se vend à plus de 5 millions d’exemplaires et se classe dans les top 10 du monde entier. Durant la fin des années 1970 Robin Gibb ne chantera quasiment plus de partie en solo mais se contentera d’accompagner Barry.

En mars 1977, Robert Stigwood, le manager des Bee Gees, produit la musique disco du film Saturday Night Fever (La Fièvre du samedi soir). Il contacte le groupe, qui est en session d’enregistrements aux studios du château d’Hérouville en France, demandant dans l’urgence 4 chansons pour la bande sonore de son projet de film. Finalement, ils en enregistrent cinq nouvelles et en donnent deux autres. Stayin’ AliveNight feverMore than a WomanHow deep is your loveEmotionIf I can’t have youYou should be dancing et Jive talkin. La musique du film est la 54e plus grosse vente d’albums de tous les temps.

Le 10 décembre 1977 la ballade How Deep Is Your Love, extraite du film, est no 3 au Royaume-Uni et no 1 aux États-Unis deux semaines plus tard. Sorti en janvier 1978, le double album contenant la bande sonore originale du film se vend à plus de 45 millions d’exemplaires. Le 23 février 1978 les Bee Gees remportent le Grammy de la « Best Pop Vocal Performance by a Duo, Group or Chorus pour How Deep Is Your Love.

Le 4 mars 1978 Stayin’ Alive se classe quatrième au Royaume-Uni, tandis que le même jour Andy Gibb, avec (Love Is) Thicker Than Water – coécrit avec Barry – déloge Stayin’ alive de la première place. Le 18 mars suivant les Bee Gees, au sommet de leur carrière musicale avec le classique disco Night Fever, détrônent à leur tour Andy, qui détenait la première place du hit-parade américain. Night Fever est no 1 au Royaume-Uni le 29 avril. Le 6 mai 1978 Saturday Night Fever est no 1 mondial.

Saturday Night fever devient un vrai phénomène de société et propulse les Bee Gees au rang de super stars. La musique des Bee Gees passe en boucle dans les radios et dans les nights clubs du monde entier. Ils font la une des magazines people, et la moindre apparition du groupe aux États-Unis déclenche une hystérie chez les fans. L’année 1978 est aussi l’occasion pour les trois frères Gibb devenus des stars planétaires de jouer les acteurs dans le film Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band aux côtés de Peter Frampton, Alice Cooper et Aerosmith. Malheureusement le film produit par Robert Stigwood est un échec commercial.

Barry Gibb écrit et produit la chanson Grease, une autre comédie musicale produite par Robert Stigwood. La chanson est interprétée par Frankie Valli, elle est numéro 1 aux États-Unis en mai 1978. D’autres chansons écrites et produites par les frères Gibb caracolent en tête des charts telles que Emotion interprétée par Samantha Sang et If I can’t Have you chantée par Yvonne Elliman. Leur frère cadet Andy Gibb connaît également une carrière de chanteur et surfe sur le succès avec des titres comme, I just want to be your everythingShadow dancing(Love Is) Thicker Than Water : trois numéros 1 aux États-Unis entre 1977 et 1979. Les chansons sont écrites par ses frères et produites par Barry.

En 1979 les Bee Gees sortent l’album Spirits Having Flown, qui sera également un grand succès avec des titres tels que : TragedyToo much heavenLove You Inside Out, Spirits having flown et Rest your love on me. L’album s’écoule à plus de vingt millions d’exemplaires. Pour célébrer l’année internationale de l’enfance, les frères Gibb décident de reverser les ventes du single Too much heaven à l’UNICEF. La somme reversée est estimée à plus de 7 millions de dollars. C’est également cette année que le groupe entame sa grande tournée américaine The Spirit Tour. Une tournée ambitieuse pour célébrer le succès mondial de Saturday Night fever : le groupe affiche entre juin et octobre 41 dates, loue un Boeing 747 avec le logo de la tournée, des effets spéciaux animent chaque concert ; de plus les trois frères sont vêtus de pantalons blancs moulants avec des vestes pailletées blanches éblouissantes tout le long de la tournée. Parmi les 60 000 personnes au Dodger Stadium de Los Angeles, de nombreuses stars étaient présentes comme Barbra Streisand, Rod Stewart, Cary Grant ou encore John Travolta. Les Bee Gees célèbrent leur succès monstre, ils ont aligné plus de neuf numéros un d’affilée rien que dans les charts américains entre 1975 et 1979, un autre record pour le groupe avec plus de cinq titres simultanément dans le top ten US en avril 1978 ; enfin, en 1980, le groupe a déjà raflé 8 Grammy Awards, toujours aux États-Unis. À la fin de l’année 1979 le groupe sort la compilation Bee Gees Greatest qui regroupe les hits 1975-1979, l’album s’écoule à plus de 8 millions d’exemplaires. Devenus multimillionnaires, les trois frères Gibb s’installent définitivement à Miami Beach et créent leur propre studio de production le Middle Ear Recording Studio.

 

Renouveau

En 1981, le Disco n’a plus la cote, les Bee Gees se séparent de leur producteur Robert Stigwood et ouvrent un nouveau chapitre de leur carrière. Le groupe sort l’album Living Eyes qui n’aura pas le succès monstre des deux précédents albums, mais les singles Living Eyes et He’s a Liar, auront quand même un certain succès. En 1983, Sylvester Stallone produit et réalise le film Staying Alive la suite de Saturday Night Fever, les frères Gibb collaborent à nouveau sur la BO avec 5 nouvelles chansons. Woman in You en est le titre phare.

Après cela ils feront une pause d’environ cinq ans, durant laquelle ils sortiront des albums solo : pour Robin How Old are You (1983), Secret Agent (1984), Walls Haves Eyes (1985), pour Barry Now Voyager (1984), Hawks (1988), et pour Maurice A Breed Apart (1984). Robin Gibb sera celui qui aura le plus de succès en solo avec des titres tels que JulietAnother Lonely Night In New YorkBoys Do Fall in Love et Like a Fool.

Les frères Gibb produiront et composeront aussi des albums à succès pour d’autres artistes internationaux tels que Barbra Streisand avec l’album pop Guilty qui contient le tube planétaire de 1980 Woman in LoveGuilty sera d’ailleurs l’album le plus vendu de sa carrière avec plus de 20 millions de copies dans le monde16. En 1983, Barry et sa team de production Albhy Galuten et Karl Richardson produisent l’album country Eyes That See in the Dark de Kenny Rogers. Le single Islands in the Stream que Kenny interprète en duo avec Dolly Parton est numéro un mondial. D’ailleurs, Barry devient un des trois meilleurs compositeurs de musique pop pour avoir inscrit au billboard US plus de 13 compositions arrivées à la première place entre 1971 et 1983. Enfin, deux autres divas de la soul, Dionne Warwick et Diana Ross, ont sorti des hits entre 1982 et 1985, tels que Heartbreaker et Chain Reaction. Barry compose et produit d’autres chansons telles que Indian Summer en 1985 pour Roy Orbison en duo avec Larry Gatlin, ou encore Your Love Will Save the World pour Percy Sledge. Les frères Gibb participent à l’album des jeux olympiques d’été de Seoul en 1988, avec Shape of Things to Come et Fight en duo avec Eric Clapton. Barry écrit et produit la BO du film Hawks, réalisé par Robert Ellis Miller en 1988 avec la participation de Timothy Dalton. Barry fait la promotion du film avec le single Childood Days en 1988.

En 1986, les trois frères Gibb reforment le groupe mythique. À partir de 1987 les Bee Gees, qui ont déjà vendu plus de 100 millions d’albums, ont une nouvelle période de succès, avec des morceaux pop collant aux styles du moment. La rythmique est différente, plus innovatrice, avec des titres tels que You Win Again en 1987, de l’album E.S.P.OneOrdinary Lives en 1989, de l’album OneSecret LoveWhen He GoneThe Only Love en 1991, de l’album High CivilzationFor Whom the Bell tollsPaying The Price Of love et How to Fall in Love en 1993, de l’album Size Isn’t Everything. Robin Gibb a de nouveau (comme dans la première période : fin des années 1960-début 1970) un rôle de chanteur additionnel avec Barry. Maurice, à partir de cette période (fin des années 1980), va lui aussi avoir plusieurs chansons où il chante quasiment en solo, ce qui avait été précédemment très rare dans la carrière du groupe. C’est aussi à cette période que les Bee Gees perdent leur petit frère Andy qui décède d’une overdose à l’âge de 30 ans, en mars 1988. En 1989, le groupe entame sa première grande tournée mondiale depuis 1979, intitulée One for All Tour. Ils retrouvent un public plus calme. D’avril à novembre les Bee Gees ont tourné en Europe, aux États-Unis, en Australie puis au Japon. Le 8 juin 1989 le groupe se produit pour la première fois depuis le début de sa carrière en France, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. Une deuxième tournée européenne en 1991 est écourtée à cause des douleurs de dos de Barry Gibb. En septembre 1993, le groupe fait la promotion de son album Size en Europe sur les plateaux de télévision. Ils choisissent Paris pour la sortie du nouvel album. Le 17 septembre, ils participent à l’émission française Taratata en tant qu’invités d’honneur auprès de Nagui.

En 1995, le groupe rend hommage à Carole King et reprend le titre Will you Still Love me Tomorrow qui apparaît dans l’album hommage Tapestry Revisited. Durant les années 1990, des nouvelles pop-stars reprennent la musique des Bee Gees avec succès : Michael Bolton avec To Love Somebody en 1992, le groupe Take That avec How Deep Is Your Love en 1994, N-Trance avec Stayin’ Alive en 1995, Boyzone avec Words en 1997, les Pras avec Islands in the Stream rebaptisée Ghetto supastar en 1998, le groupe Steps avec Tragedy en 1999, et Destiny’s Child avec Emotion en 2001.

En 1997 les Bee Gees reviennent une nouvelle fois sur le devant de la scène avec un nouvel album, Still Waters, qui sera plutôt un bon succès, surtout grâce à la chanson AloneStill Waters Run Deep et I Could Not Love You More complètent les succès de l’album. Cette année est aussi marquée par de nombreuses récompenses de l’industrie de la musique, Les Bee Gees se voyant décerner les Brit Awards à Londres, l’American Music Awards à Los Angeles et, sacre de l’année, le 15 mai ils sont intronisés au Rock and Roll Hall of Fame. Le 14 novembre 1997, pour célébrer leurs trente ans de carrière, les Bee Gees donnent un concert à Las Vegas appelé One Night Only. Céline Dion les rejoint en guest star pour interpréter Immortality, morceau qu’ils ont composé pour elle. Ils sortent dans la foulée l’album live, qui se vend à plus de 7 millions d’exemplaires. Ce concert est suivi d’une tournée mondiale donnant un seul concert par continent, avec 40 000 personnes à Dublin le 29 août 1998, ensuite en Angleterre avec 56 000 personnes au stade de Wembley à Londres le 5 septembre 1998, en Argentine avec 40 000 personnes à Buenos Aires le 17 octobre 1998, en Afrique du Sud avec 50 000 personnes à Johannesburg le 28 novembre 1998 et finalement le 27 mars 1999 dans le nouveau stade australien Olympic Stadium de Sydney, réunissant plus de 72 000 personnes.

En 2001, ils sortent leur dernier album, This Is Where I Came In. Avec cet ultime opus, les frères Gibb brillent à nouveau dans les genres, avec les titres This is where I came In, She keeps on coming, Man in the middle au son très sixties qui rappellent beaucoup leurs titres de 1967. Mais cet album sera leur dernier, à la suite de la mort de Maurice deux ans plus tard.

 

Disparition progressive du groupe

En janvier 2003 Maurice Gibb succombe à une crise cardiaque à l’âge de 53 ans. Barry et Robin sont dévastés et déclarent que le nom Bee Gees ne peut être associé qu’aux trois frères ensemble. Pourtant il est plusieurs fois question de réunion, sans que cela puisse aboutir.

Entre 2003 et 2007, Robin continue de promouvoir la musique des Bee Gees en donnant plusieurs concerts en Europe et en participant à des spectacles télévisés. En 2003, il sort Magnet, son nouvel album solo, et participe la même année à l’émission anglaise la Fame Academy en tant que membre du jury.

En janvier 2005 Barry et Robin font partie du super groupe One World Project avec Cliff Richard, Brian Wilson, Boy George, Gary Moore et Russell Watson. Ils sortent le single Grief Never Grows Old. Ce projet caritatif a pour but de récolter des fonds destinés à la population indienne durement frappée par le séisme et le tsunami de décembre 2004.

En février 2006, Barry et Robin donnent un concert de charité pour la lutte contre le diabète à Miami. C’était leur première réunion depuis la mort de Maurice.

En 2009, lors d’une nouvelle réunion, Barry Gibb disait : « Nous avons déjà perdu deux frères, nous resterons toujours ensemble, même si Robin habite Londres et moi Miami. » Malgré la mort de leur frère Maurice, le groupe se reforme au moins théoriquement en octobre 2009.

En octobre 2010, Robin Gibb, interviewé par le Daily Mail (publication du Royaume-Uni), confirme que l’histoire des Bee Gees serait racontée dans un film de Steven Spielberg. Robin déclare au Daily Mail : « Le film sera interprété par des acteurs très connus. Ce sera l’histoire de notre vie. Barry et moi serons impliqués dans l’aspect technique. » Un des défis pour Spielberg sera de reproduire les harmonies à trois voix distinctives des frères et le fausset de Barry. Robin dit : « J’aimerais que nos enregistrements originaux soient utilisés, car il est très difficile de les imiter. » Finalement ce film ne verra jamais le jour.

Le 20 mai 2012, Robin Gibb meurt des suites d’un cancer du côlon et du foie à Londres, âgé de 62 ans. Barry Gibb devient alors le dernier membre des Bee Gees encore en vie.

Barry Gibb entame entre février 2013 et juin 2014 sa première tournée mondiale en solo intitulée The Mythology Tour. Il rend hommage à ses frères en reprenant les plus grands succès des Bee Gees. Il donne des concerts en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, en Irlande et aux États-Unis. En juin 2016, Barry sort un nouvel album solo intitulé In the Now. C’est un album qu’il a composé et produit avec ses deux fils, Steve et Ashley Gibb.

Le 16 avril 2017 aux États-Unis, deux jours après la 59e édition des Grammy Awards, l’Académie nationale des arts et des sciences rend hommage aux Bee Gees et célèbre les quarante ans de Saturday Night Fever à travers un live intitulé Stayin’ Alive, A Grammy Salute to the Music of the Bee Gees, diffusé sur la chaîne américaine CBS. Une pléiade de grandes stars ont interprété les morceaux mythiques des frères Gibb à l’instar de Céline Dion, John Legend et Stevie Wonder, Demi Lovato, Pentatonix, Keith Urban, Ed Sheeran et Tory Kelly.

Le 26 juin 2018, Barry reçoit le titre de chevalier au palais de Buckingham par le prince Charles. Sir Barry Gibb rejoint les grands noms de la musique pop, tels que Paul McCartney, Mick Jagger ou encore Elton John.

 

L’enregistrement des harmonies et la composition des chansons.

L’enregistrement des harmonies en studio

Les Bee Gees ont réalisé leurs premiers enregistrements à la fin des années 1950 après avoir été découverts par le DJ de radio Bill Gates et le pilote automobile Bill Goode à Redcliffe, en Australie. La constante était leur engagement sur des performances musicales fortes et des harmonies serrées. Ces auteurs-compositeurs prolifiques se sont fait les dents dans le monde d’avant l’Auto-Tune.

L’ingénieur musical John Merchant a commencé à travailler avec les Bee Gees à la fin des années 1980. Il a continué à travailler avec le groupe pendant les années suivantes au cours desquelles il a acquis une compréhension approfondie de l’unicité du processus des Bee Gees. En particulier, il a noté comment les frères enregistraient leurs harmonies non séparément, mais en tandem.

« La façon dont la plupart des artistes enregistrent les harmonies vocales consiste à enregistrer une partie à la fois et à la peaufiner », dit-il. « Ensuite vous empileriez les autres harmonies par-dessus. Les Bee Gees le faisaient parfois, mais le plus souvent ils chantaient les trois sur un même micro et découvraient ensemble comment les harmonies devraient être. »

Karl Richarson, l’ancien ingénieur des Bee Gees, se rappelle : « En 1977, toutes les parties d’harmonie enregistrées étaient des doubles et des triples et nous installions les garçons sur un seul microphone — généralement un Neumann U67 ou U87. J’ai essayé plusieurs fois de les enregistrer en omni, mais pour une raison quelconque cela n’a jamais fonctionné avec eux. C’est une des choses où le manuel vous dit une chose et la réalité autre chose. La nature de leur voix se prêtait également à l’enregistrement de cette façon. Robin avait un vibrato clair dans sa prestation, Maurice n’en avait guère et Barry avait parfois un vibrato et parfois non, et quand il le faisait c’était plutôt un trémolo. Cela vous donne un mélange très unique, et ce son unique ne marche que parce qu’ils sont frères. Ils ont ça dans leur ADN. »

Michel Marie, assistant de studio du château d’Hérouville, se souvient avoir été surpris par la façon dont les Bee Gees enregistraient leurs harmonies. « Quand j’ai appris qu’ils seraient trois à chanter, j’ai installé trois casques et trois micros différents. Ils ont dit « Non, non ! » et m’ont demandé un seul micro et pas d’écouteurs, juste un petit haut-parleur sur le côté, se regardant. Ils étaient parfaits. Et quand je les ai entendus j’ai su ce que signifiait « bon chant » : même sur la première prise ils étaient parfaits, dans l’air, dans le rythme… Je n’étais pas habitué à ça avec les chanteurs français ! »

 

La composition des chansons en studio

En ce qui concerne l’écriture de chansons, John Merchant a déclaré : « Les Bee Gees venaient au studio pour des sessions marathon où ils installaient un simple groove de batterie sur la boîte à rythmes et lançaient des idées musicales pendant des heures. Barry pouvait jouer de la guitare pendant que Maurice jouait au clavier et Robin chantait et proposait des idées mélodiques ou lyriques. Ils enregistraient le tout sur des bandes audio numériques (DAT), chacune d’une durée de quelques heures. Chaque fois qu’un joyau d’une idée se produisait, ils lisaient la bande et adoptaient cette idée, plus tard en s’appuyant sur elle. »

« En ce qui concerne le processus d’écriture, je n’ai jamais vu personne d’autre le faire de cette façon », ajoute Merchant.

Les harmonies caractéristiques des Bee Gees étaient souvent accompagnées d’arrangements d’orchestre ou de cuivres tout aussi riches. Le fait qu’aucun des frères n’ait jamais appris à lire la musique ne les a jamais empêchés de construire des mondes musicaux luxuriants. Merchant a déclaré que Barry chantait généralement les idées instrumentales qu’il avait, qui seraient ensuite transcrites et interprétées par d’autres musiciens.

Le groupe travaille avec plusieurs arrangeurs, y compris Bill Shepherd tout au long des années 1960, et plus tard le producteur Arif Mardin, qui a aidé Barry à trouver son fausset légendaire lorsqu’il a suggéré à Barry de faire monter sa voix d’une octave lors de l’enregistrement de Main Course (1975).

Mardin a dit un jour : « Avec les Bee Gees, lorsque nous faisions l’album Main Course, il y avait un flux total de créativité en studio, tout le monde était enthousiasmé. »

Merchant déclare pour la chanson Immortality : « Barry a commencé à jouer l’intro de la chanson. Maurice a écouté et a joué le premier accord, puis trois minutes et demie plus tard ils ont écrit la chanson — en temps réel, en un seul passage. J’ai la chair de poule en racontant cette histoire. C’était incroyable. Barry changerait d’accord, et Maurice serait là immédiatement, comme s’il savait où Barry allait. Ils se sont enfermés ensemble d’une manière, à la fois en termes de timing et d’intonation, que seul quelqu’un qui sait ce que l’autre pense avant de penser que cela pourrait le faire. Donc, la façon dont vous entendez Céline Dion interpréter Immortality maintenant est exactement comment ils l’ont fait ce soir-là. »

Les Bee Gees ont ainsi écrit plus de mille trente chansons au cours de leur carrière.

 

Le son du disco

Ensemble, les Bee Gees, Karl Richardson et Albhy Galuten ont créé ce que la plupart d’entre nous considèrent comme le son du disco, mais ce n’était pas leur intention d’inventer un nouveau style. L’ingénieur Karl s’en souvient : « Nous n’avons jamais connu le disco et nous n’avons pas pensé au disco. Nous pensions que nous faisions des disques de rythmique et de blues. Tout était question de R&B. Nous aimions tous ces trucs, nous ne savions tout simplement pas comment faire ! » « Nous étions en train de rebondir et de sous-mélanger tous ces trucs à chaque étape du processus. Et nous voulions que chaque partie soit parfaite, c’est donc devenu un monde très percutant dans lequel nous vivions. Chacun de nous savait ce en quoi les autres étaient bons, et nous laissions faire les choses. Le résultat a atteint des records. Le son que nous avons trouvé était donc notre son, et pour l’album Saturday Night Fever nous avons enregistré tous les morceaux en France puis mixé à Miami et à Los Angeles. »

« Par exemple Night Fever a été enregistré en France. Maurice jouait de la basse DI avec son médiator, Dennis Byron jouait de la batterie, Blue Weaver du clavier, Alan Kendall de la guitare rythmique et Barry jouait du rythme et chantait le pilote. La batterie était la seule chose conservée de ce morceau en prise directe.  Et toutes les autres parties ont été superposées, comme la partie de clavier qui a été soigneusement conçue. Je veux dire, de nombreuses parties n’étaient pas là depuis le début. Blue, Barry, Albhy et moi nous asseyions et disions : « Cet accord sonne bien là-bas, mais que diriez-vous quand le guitariste dit « dang, wa-tang » ? Voulez-vous la septième dans l’accord ou voulez-vous laisser ce trou là-bas ? C’était le genre de choses qui devaient être réglées. Tout était très orchestré. C’était un processus de création en studio. »

« Nous n’avions pas de directives. La seule règle était qu’il n’y avait pas de règles, donc nous pouvions faire n’importe quoi. »

 

Influences musicales et héritage

Les Bee Gees ont été influencés par les Beatles, les Everly Brothers, les Mills Brothers, Elvis Presley, les Rolling Stones, Roy Orbison, les Beach Boys, Stevie Wonder, Otis Redding et les Hollies.

Beaucoup d’artistes ont été influencés par les Bee Gees, citons : Les Pet Shop Boys, George MichaelBilly Joel, David Bowie, Brian Wilson, Madonna, Noel Gallagher et Elton John.

Brian May de Queen a déclaré : « Bien sûr que j’étais et suis un grand fan des créations musicales des Bee Gees. Sans aucun doute au sommet de l’écriture de chansons considérée au cours des trente dernières années, n’est-ce pas ? Mes plus beaux souvenirs ne sont pas leurs succès avec Saturday Night Fever, qui étaient vraiment une renaissance dans la popularité des Bee Gees, mais plutôt les premières chansons révolutionnaires de 1967 à 1971… Je me souviens avoir chanté ces chansons avec mon pote Tim Staffell de Smile et Freddie Mercury dans le bon vieux temps. » May a également salué la chanson You Win Again comme l’une des plus grandes chansons des années 1980.

John Lennon a fait l’éloge des Bee Gees dans son interview avec le magazine Playboy en 1980 : « Essayez de dire aux enfants des années 1970 qui criaient aux Bee Gees que leur musique était juste celle des Beatles refaite. Ils ont fait un sacré bon travail. Il ne se passait rien d’autre à l’époque. »

Michael Jackson, qui a également été influencé par les Bee Gees, a déclaré : « J’ai pleuré en écoutant leur musique. Je connaissais chaque note, chaque instrument. »

Paul McCartney a rappelé : « C’est sur la chanson Mining Disaster que Robert Stigwood m’a joué que j’ai dit signez-les, ils sont super. »

Ringo Starr a déclaré : « Les Bee Gees de notre époque étaient assez importants, en particulier les harmonies. »

L’auteur-compositeur-interprète américain Gavin DeGraw a parlé de l’influence des Bee Gees avec leur propre musique ainsi que leur composition : « Parlons des Bee Gees. C’est un groupe emblématique. Pas seulement un grand groupe, mais un grand groupe d’auteurs-compositeurs. Même longtemps après le succès des Bee Gees dans les charts, ils écrivaient encore des chansons à succès pour d’autres personnes. Leur talent est allé bien au-delà de leur moment de succès à la fin des années 1970. C’est une perte pour l’industrie de la musique et une perte pour un groupe emblématique. La beauté de cette industrie est que nous rendons hommage et que chaque artiste à venir est un fan d’une génération avant, donc il y a un vrai élément de tradition. »

 

Impact sur la musique

Les Bee Gees font partie de la culture pop avec leur contribution au phénomène disco et la bande originale du film Saturday Night Fever en 1978. La bande originale représente l’héritage musical d’un phénomène de société de la fin des années 1970. L’album s’est vendu aujourd’hui à plus de quarante-cinq millions d’exemplaires. Il contient six titres classés numéro un dans les charts américains, qui sont devenus des classiques du genre dans la mémoire collective. Stayin’alive, Night Fever, More than a Woman ou encore You should be dancing.

Pourtant la contribution des frères Gibb à ce courant de musique n’est qu’épisodique dans leur longue et immense carrière. Les Bee Gees ne se sont pas cantonnés à un seul genre. Ils n’ont cessé d’appliquer leur talent d’écriture et d’harmonies à tous les genres musicaux qui marchaient à chaque époque de leur carrière.

Dans leur discographie on compte des albums exceptionnels tels que « Bee Gees 1st » qui contient à lui seul tous les courants musicaux de la fin des années 1960. Avec du baroque, de la soul, du psychédélisme, du folk, de la pop et du rock. Les frères Gibb ont produit un album qui figure parmi les meilleures productions de l’année 1967. Les Bee Gees gravent New York Midnight DesasterI can see NobodyTurn in this CenturyTo Love Somebody. L’album Trafalgar, sorti en 1971, met en avant la qualité d’écriture mais aussi les harmonies vocales des frères Gibb et les vibratos de Robin et Barry. Les chansons sont toutes aussi monumentales telles que How can you Mend a Broken HeartDearestIsraelWalkin Back to Waterloo. L’album Main Course de 1975 apporte une évolution musicale dans la carrière du groupe, les frères Gibb osent s’aventurer dans la musique rn’b, soul, funcky, country et soft rock. Ils gravent Jive talkinNight on BroadwayCome on OverSongbird. Leur premier album live Here at Last… Bee Gees… Live de 1976, sorti au printemps 1977, montre une prestation rock et plus mature du groupe avant leur explosion médiatique deux ans plus tard. Les Bee Gees avec Maurice à la basse, accompagnés de leur musiciens Alan Kendall à la guitare, Blue Weaver au synthétiseur, Dennis Bryon à la batterie ainsi que Karl Richarson aux arrangements, sonnent comme un vrai groupe et donnent une prestation musclée de leurs plus grands tubes tels que To Love SomebodyYou Should be DancingJive talkin’Come on Over. L’album Spirits Having Flown, sorti en 1979, montre les frères Gibb au sommet de leur art en exploitant toute l’ambiance rn’b et soul avec l’utilisation principale du falsetto de Barry. Cet opus n’est d’ailleurs pas un album disco. Le groupe publie I’m Satisfied, Living Together, Love you Inside Out.

L’héritage musical des Bee Gees réside aussi dans les mélodies et ces morceaux intemporels. Le catalogue des frères Gibb recèle d’incroyables morceaux : Odessa, sorti en 1969, est une pure merveille dans le genre baroque. C’est un morceau épique d’environ huit minutes avec de la guitare, du piano, des harpes, des orgues d’église, des chorales et des nappes de violons dignes de Walt Disney. Le vibrato poignant de Robin et les harmonies à n’en plus finir. La chanson raconte le naufrage d’un bateau au xixe siècle. L’un des points révolutionnaires des frères Gibb à cette époque dans la musique pop, c’était de produire des chansons énigmatiques liées à des événements historiques. Comme Odessa ou encore leur premier single New York Mining Desaster 1941 sorti en juin 1967. Dear Mr Kissinger, datant de 1973, est une ballade folk country où les Bee Gees osent s’exprimer politiquement contre le système américain. A Lonely Violin résume un peu cette période creuse des Bee Gees en 1973. Mais ce titre est l’un des plus émouvants jamais composés par Barry.

Au moins deux mille cinq cents artistes ont enregistré leurs chansons. De nombreuses légendes de la musique ont repris des titres des Bee Gees, tels qu’Elvis Presley : Words (1971), Janis Joplin, Nina Simone : To Love Somebody (1969), Al Green : How can you Mend a Broken Heart, Elton John : Don’t Forget to Remember (1969), Alton Ellis : Massachusetts, Dean Martin : Sweetheart (1971), ou plus récemment en public Bruce Springsteen avec Stayin’Alive (2014).

Les Bee Gees possèdent aussi un répertoire musical immense qui couvre tous les styles musicaux. Jamais un tel répertoire n’a attiré un public aussi varié. Depuis les années 1960 et sur quatre décennies, le groupe a produit sa musique populaire dans un style pop psychédélique, folk, rock, baroque, country, soul, et rn’b. Les frères Gibb ont ainsi composé plus de mille trente chansons. Ils comptent à leur actif plus d’une quarantaine de succès. Stayin’ AliveHow Deep is your LoveTo Love Somebody, Islands in the Stream, Woman in Love sont les titres les plus repris dans le monde. Les plus grands noms de la musique ont toujours apporté un crédit, une admiration à la musique des Bee Gees. D’ailleurs, Bono, le chanteur de U2, déclara en 2001 dans une émission britannique : « En matière de groupes, il existe cinq catalogues extraordinaires qui me rendent malade d’envie. Nul besoin d’affirmer que les Bee Gees sont tout en haut au côté des Beatles. »

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/97664-Bee-Gees

ASIA

Asia est un supergroupe britannique de rock, originaire d’Angleterre. Il est formé en 1981 par d’anciens musiciens de Yes, Emerson, Lake and Palmer, The Buggles et King Crimson. Le style musical d’Asia contient des éléments progressifs appuyés par une importante technicité.

 

Biographie

Formation et débuts (1981–1985)

La formation originale d’Asia se compose du claviériste Geoff Downes (ex-Buggles et ex-Yes), du guitariste Steve Howe (ex-Yes), du batteur Carl Palmer (ex-Atomic Rooster et ELP) et du bassiste John Wetton (ex-King Crimson).

Le premier album du groupe, Asia, sort en 1982 et inclut le succès Heat of the Momentno 4 aux États-Unis. En 1983, le deuxième album, Alpha, rentre dans les bacs : Don’t Cry fait exploser les charts et Open Your Eyes le suit de près.

En 1983, John Wetton quitte temporairement le groupe pour être remplacé par un autre ex-ELP, Greg Lake qui prendra donc la place à la basse et au chant, on peut le retrouver sur le vinyle et le vidéo de 1983, Asia in Asia enregistré lors du concert au Nippon Budokan Hall le 6 décembre 1983. C’était un peu comme Yes rencontre ELP, vu la présence de deux ex-Yes et deux ex-ELP. Par la suite, en 1984, Lake quitta le groupe alors que Wetton reprit sa place.

En 1985, le troisième album du groupe intitulé Astra (enregistré avec Mandy Meyer en remplacement de Steve Howe parti former le groupe GTR avec Steve Hackett), ne rencontre pas le succès commercial espéré. Le groupe vivote ainsi jusqu’au début des années 1990 où il se présente sous une nouvelle mouture : ne subsiste plus alors de la formation classique que Geoff Downes aux claviers. Le nouveau chanteur-bassiste qui remplace John Wetton est John Payne, inconnu du grand public jusqu’alors. Le groupe enregistre alors plusieurs albums dont l’impact n’a plus rien à voir avec le succès des débuts.

 

Période Downes/Payne (1991–2006)

Après le départ de Wetton, le chanteur-bassiste John Payne rejoint le groupe et, avec Downes, recrute de nouveaux musiciens et dirige le groupe jusqu’en 2006.

Le premier album avec cette formation se nomme Aqua, sorti en juin 1992. Outre Downes et Payne, L’album comporte Howe, Palmer et le guitariste Al Pitrelli (de Danger Danger, Megadeth et Alice Cooper). Howe est revenu pendant les sessions après avoir quitté Yes, mais Palmer va lui aussi bientôt partir, s’engageant dans une réunion de ELP, et ne joue que sur trois chansons. Les batteurs Simon Phillips et Nigel Glockler ensuite complètent les sessions. Le single environnementaliste de Downes Who Will Stop the Rain ? (écrit à l’origine pour Max Bacon et le projet avorté Rain, apparaissant plus tard sur l’album de celui-ci From The Banks Of The River Irwell) attire l’attention de la radio.

La tournée de l’Aqua Club met en vedette Howe (dont la présence est fortement encouragée), qui monte sur scène après la cinquième chanson. La tournée a suffisamment de succès pour justifier la continuation du groupe. La tournée de 1992 à 1993 comprend de la sorte Downes, Howe, Payne, le guitariste Vinny Burns et le batteur Trevor Thornton. Avant une tournée de festivals européens à la fin de 1993, Howe et Burns s’en vont et sont remplacés par le guitariste Keith More.

Le groupe publie Aria en mai 1994, dans lequel apparait à nouveau le guitariste Al Pitrelli, qui quittera Asia pendant la courte tournée de l’album. Ce dernier n’obtient pas un bon résultat commercial et la tournée suivante est limitée à quatre concerts. L’ex-guitariste de Simply Red, Aziz Ibrahim, prend la relève pendant la tournée. Aria incorpore également le nouveau batteur Michael Sturgis, qui avait été impliqué lors de la réunion avortée du groupe en 1987 et qui avait participé à certaines sessions pour AquaAria n’est publié aux États-Unis avant mai 1995.

Au cours du réveillon du Nouvel An 1995-1996, un tuyau percé inonde la régie du studio d’enregistrement de Downes et Payne, le Electric Palace, à Londres. Parmi les équipements perdus, une chambre forte contenant des documents inédits est retrouvée intacte. Le groupe décide de publier le matériel sur deux disques, Archiva 1 et Archiva 2. Les ensembles d’Archiva sont donc des collections de chansons inédites enregistrées au cours des trois premiers albums de la formation Downes / Payne.

Ensuite, Arena, sort en février 1996, met en vedette Downes, Payne, Sturgis, Ibrahim et le guitariste invité Elliott Randall (ex-Steely Dan et Randy Crawford). L’album sort sur Resurgence Records mais il n’y a pas de tournée par manque d’intérêt. La seule performance promotionnelle du groupe liée à l’album se déroule le 19 avril 1996, lorsque Downes et Payne apparaissent avec le guitariste Elliott Randall à l’émission de radio Virgin FM à Londres, pour jouer la chanson Never.

Un album tout acoustique, Live Acoustic, est enregistré par le groupe à Stadthalle, Bruchsal, Allemagne le 21 septembre 1997 (et sort en décembre 1999), dans lequel figurent une formation de Downes, Payne, Ibrahim et du batteur Bob Richards.

En 1999, il est question d’une réunion de la formation originale mais sans Howe. La proposition initiale inclut Dave Kilminster à la guitare, qui avait déjà tourné et enregistré avec Wetton. Alors que Howe est intéressé à participer, il est incapable de le faire en raison de son emploi du temps chargé avec Yes. Cette réunion n’a pas eu lieu et John Payne poursuit avec Asia sans interruption. Wetton et Palmer se réunissent toutefois pour former Qango, qui comprend Dave Kilminster à la guitare et John Young aux claviers. Bien que le groupe soit de courte durée, un album live est publié Live in the Hood en 2000. Kilminster travaille ensuite avec Keith Emerson et The Nice sur l’album Vivacitas ainsi qu’avec Roger Waters.

En 2000, Geffen / Universal publie un album de compilations intitulé The Best of Asia Heat of the Moment (1982-1990), qui présente également trois raretés sorties en singles à l’époque. En mai 2000, le groupe sort un album entièrement instrumental intitulé Rare.

 

Retour de la formation originale (2006–2013)

En 2006, Geoff Downes « divorce » de John Payne et reforme le groupe sous sa formation d’origine, avec Wetton, Howe et Palmer, pour une tournée mondiale entièrement consacrée aux titres des deux premiers albums. L’album Phoenix paraît en 2008 et ramène donc la formation d’origine, la pièce Parallel Worlds est ce que le groupe a produit qui se rapproche le plus du rock progressif. De son côté, Payne continue de jouer avec les musiciens de la dernière mouture d’Asia avant le départ de Downes et lance en 2007 « Asia Featuring John Payne », Erik Norlander prenant la place vacante aux claviers : il existe donc deux Asia simultanément.

Profitant d’une initiative de Universal Japan, le groupe remasterise en octobre 2010 son premier album, Asia, sous le format Super Audio CD, et les deux albums suivants, Alpha et Astra, suivirent en 2014-2015 sous ce même format. En 2013, Steve Howe, trop occupé tant par sa carrière solo que par Yes (que Geoff Downes a également rejoint en 2011), quitte donc Asia pour être remplacé par Sam Coulson.

Au printemps 2014, le dernier album en date du groupe, Gravitas sort et c’est le premier sans Steve Howe : Asia y est donc constitué de John Wetton, Geoffrey Downes, Carl Palmer et Sam Coulson.

 

Mort de Wetton (2017)

Le 31 janvier 2017, le chanteur et bassiste John Wetton meurt des suites d’un cancer du côlon, à l’âge de 67 ans5. Ne subsistent donc plus que Geoff Downes, Carl Palmer et Sam Coulson, c’est Billy Sherwood de Yes (où il a remplacé Chris Squire décédé en 2015) qui le remplace à la basse et au chant. La dernière parution du groupe consiste en un triple album live enregistré en Bulgarie en 2013 et contient deux CD et un DVD, Asia Symfonia – Live In Bulgaria 2013, avec Sam Coulson à la guitare. À la suite du décès de Wetton, Palmer déclare : « Nous avons donc recruté Billy et nous avons vécu un moment phénoménal, c’était une expérience formidable, John aurait aimé être sur cette tournée donc je suis content qu’on l’ait fait pour lui de toute façon » . En août, Palmer déclare qu’il n’y avait pas de plans immédiats pour continuer Asia, car il était trop tôt pour prendre des décisions et les membres du groupe sont occupés sur d’autres projets dans l’intervalle.

Tournée avec Yes et Carl Palmer’s ELP Legacy (2019)

 

Du 12 juin au 28 juillet 2019, Asia est en concert avec Yes, Carl Palmer’s Elp Legacy ainsi que Arthur Brown (rappelons que Carl a participé à la tournée du groupe The Crazy World of Arthur Brown aux États-Unis en 1969 avant de former Atomic Rooster), John Lodge et d’autres invités, dans le cadre de la tournée Royal Affair Tour. Selon le magazine Rolling Stone, Sam Coulson n’est pas de la tournée avec Asia et il est remplacé par l’ex-guitariste de Guns N’ Roses Ron Thal. Comme Steve Howe joue autant avec Yes qu’avec Asia, il y a donc deux guitaristes pendant la performance du groupe. Asia confirme également que Sam Coulson a quitté le groupe amicalement en 2018 pour se consacrer à des projets solo et qu’il sera désormais remplacé en tant que guitariste par Ron Thal, qui prend également la direction du chant, Billy Sherwood demeurant à la basse mais participant aux chœurs. Coulson confirme son départ sur Twitter le même jour.

40e anniversaire (2022)

En janvier 2022, le groupe annonce une tournée en été pour célébrer son quarantième anniversaire. Le guitariste-chanteur Ron Thal n’étant pas disponible, c’est Marc Bonilla (ex-Keith Emerson Band) qui accompagnera Geoff Downes, Carl Palmer et Billy Sherwood pour cette tournée.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/257619-Asia-2

ALICE COOPER

Alice Cooper, nom de scène de Vincent Damon Furnier, né le 4 février 1948 à Détroit (Michigan), est un chanteur et auteur-compositeur-interprète américain de hard rock, dont la carrière s’étend sur plus de cinq décennies. Son attitude et son apparence, ainsi que ses mises en scène incluant entre autres guillotines, chaises électriques, faux sang, serpents, poupées et sabres, lui valent d’être reconnu comme le principal père du shock rock. Il s’est inspiré des films d’horreur, du vaudeville, et du garage rock, mais aussi d’Halloween, pour créer ce nouveau genre de rock, macabre et théâtral, dont le but est de choquer.

À l’origine, Alice Cooper est un groupe comprenant Vincent Furnier au chant et à l’harmonica, Glen Buxton et Michael Bruce aux guitares, Dennis Dunaway à la basse et Neal Smith à la batterie. Le groupe sort son premier album en 1969 mais ce n’est qu’en 1971 qu’il entre véritablement sur le devant de la scène avec son premier grand succès international, I’m Eighteen, titre issu du troisième album du groupe, Love It to Death. Ce succès est confirmé l’année suivante avec le single School’s Out ainsi que l’album éponyme, mais c’est en 1973 avec Billion Dollar Babies que le succès commercial du groupe atteint son apogée.

Après la dissolution du groupe, en 1974, Vincent Furnier entame une carrière solo et fait modifier son état civil afin qu’Alice Cooper devienne légalement son nom. Il sort l’année suivante l’album conceptuel Welcome to My Nightmare qui connaît un succès retentissant. Welcome 2 My Nightmare en constitue d’ailleurs la suite, sorti en 2011 plus de 35 ans après l’original.

Particulièrement prolifique et éclectique, cette véritable icône du rock traverse différents styles musicaux durant sa carrière (hard rock, art rock, new wave, heavy metal, rock industriel), avec une tendance récurrente à soumettre les modes à son propre style. Hors scène, Alice Cooper est connu pour être un personnage sociable et plein d’humour. Il a été nommé « artiste de heavy metal le plus apprécié au monde » par The Rolling Stone Album Guide. Il contribue à façonner le style et l’apparence du heavy metal, et est considéré comme le premier artiste à avoir introduit des images d’horreur dans le rock, ses mises en scène et son sens du spectacle ayant « définitivement transformé le genre »7. Outre la musique, Alice Cooper est un acteur de cinéma, golfeur, et depuis 2004, animateur de radio pour l’émission Nights with Alice Cooper.

Sur la liste des « 100 plus grands artistes de hard rock » de VH1 (ce classement comprend également des artistes de plusieurs genres de rock), Cooper est classé 20e.

 

Biographie

Jeunesse

Alice Cooper naît Vincent Damon Furnier le 4 février 1948, à l’hôpital Saratoga de Détroit. Il est le deuxième enfant d’Ella Mae (née McCart en 1925) et d’Ether Moroni Furnier, prédicateur laïc (né en 1924). Il a une grande sœur née en 1946, autrefois mariée à Frank Crandall qui a coécrit la chanson Dance Yourself To Death. Il est d’origine française huguenote, sioux et irlandaise et tient son premier prénom de celui de l’un de ses oncles et son deuxième prénom est un hommage à l’écrivain Damon Runyon. Son grand-père paternel, Thurman Sylvester Furnier, est apôtre de l’Église de Jésus-Christ en Pennsylvanie près de la Monongahela, Vincent Furnier participe assidûment à la vie de cette église entre onze et douze ans.

À l’âge de onze ans, il est atteint d’une péritonite ; les médecins annoncent alors à ses parents qu’il ne survivra pas. Néanmoins, il s’en remet après un an passé chez lui et d’importantes pertes de poids. En 1961, il retourne à l’école, à la Squaw Peak Junior High à Phoenix. À 12 ans, il déménage dans le quartier ouest de la ville et rentre dans la Cortez High School où il rencontre Dennis Dunaway, son futur bassiste.

 

Alice Cooper (groupe)

Des clubs au succès

À l’âge de seize ans, Furnier forme un groupe de rock avec ses copains de classe : Glen Buxton (guitare), Michael Bruce (guitare rythmique), Dennis Dunaway (basse) et Neal Smith (batterie). À l’époque, leurs prestations se composent principalement de chansons des Rolling Stones et des Beatles dont ils jouent le répertoire en playback. Le jeune groupe adoptera différents noms comme The Earwigs (« Les perce-oreilles ») en 1964, puis The Spiders et The Nazz en 1965.

Dès 1968, ils réapparaissent à Los Angeles sous le nom d’Alice Cooper. Une légende raconte qu’étant jeune, Furnier se serait rendu à une séance de spiritisme au cours de laquelle on lui aurait dit qu’il était la réincarnation d’une sorcière du xviie siècle portant le nom d’Alice Cooper. Cette légende est, par la suite, démentie par Cooper lui-même dans plusieurs interviews (parues en 2000 au moment de la sortie de l’album Brutal Planet), admettant qu’il s’agissait d’un coup publicitaire. Le nom, qu’il a choisi lui-même, lui évoque l’image d’une « charmante petite fille cachant une hachette derrière son dos ». En 1968, les jeunes garçons apprennent que Todd Rundgren a lui aussi un groupe qui s’appelle The Nazz et prennent alors pour nom Alice Cooper par provocation, puisque tous les membres sont de sexe masculin. Par la suite, Vincent Furnier prend ce pseudonyme pour lui-même et arrive même sur scène en robe. Ils jouent dans des bars et des boîtes de nuit avant d’être repérés par Frank Zappa qui les engage sous son nouveau label, Straight.

Des groupes-phares comme The Yardbirds, The Doors, The Who, The Beatles et les Rolling Stones comptent parmi les principales inspirations musicales du Alice Cooper Group, qui développe un shock rock direct et énergique. Mais c’est surtout sur scène que les musiciens laissent leur empreinte. En effet, l’image androgyne et choquante d’Alice Cooper, novatrice pour l’époque, influencera plusieurs artistes et groupes comme Kiss, David Bowie, Lordi, Twisted Sister, Mötley Crüe, W.A.S.P., Rob Zombie, King Diamond et Marilyn Manson, pour ne citer que les plus connus.

 

Début d’une légende

Leur réputation de groupe déjanté et malsain intéresse Frank Zappa, grâce à qui deux albums sortent : Pretties for You en 1969, et Easy Action l’année suivante. Ces albums proposent des références aux Beatles, au rock psychédélique et à la freak music expérimentale. Malgré l’échec commercial de ces deux disques, Alice Cooper s’affirme comme un groupe scénique de premier plan. Au bout d’une année, le groupe, ruiné (ils en étaient alors réduits à vivre à cinq dans la même chambre d’un motel), décide de tenter sa chance à Détroit, qui semble alors une ville plus accueillante que Los Angeles pour le rock.

Le 13 septembre 1969, lors d’un concert au Toronto Rock and Roll Revival, le groupe connaît un incident : une poule passe sur la scène et Alice s’en saisit et la relance au-dessus de lui, s’attendant à voir voler l’animal. Ce dernier tombe dans les premières rangées de la foule qui s’en empare et le déchiquette littéralement. L’événement est vite répertorié comme le kill the chicken, la presse de l’époque prétendant qu’Alice aurait crié ces mots. Il niera toujours cette affirmation, déclarant qu’il n’aurait jamais voulu cela.

C’est à Détroit qu’ils rencontrent leur futur producteur, Bob Ezrin, sous la direction duquel ils enregistrent leurs deux disques suivants : Love It to Death (1971), qui révèle alors leurs talents musicaux et capacités commerciales (I’m Eighteen est le premier tube du groupe) puis Killer (1971) et qui s’inscrit dans la même veine musicale. Il confirme leur importance grandissante, notamment grâce à deux nouveaux succès : Under My Wheels et Desperado (hommage d’Alice Cooper à Jim Morrison, mort la même année.) Utilisant certains ingrédients du Grand Guignol, Cooper affine son image de marque en découpant des poupées à la hache et en utilisant des accessoires étonnants : chaise électrique, guillotine, potence et boa constrictor surgissent de la scène. La mise en scène d’une thématique macabre et violente fait émerger Alice Cooper de la scène rock : le groupe devient une grande attraction aux États-Unis. Le groupe apparaît également comme le peintre cynique d’une Amérique sombre très éloignée des idéaux de l’époque ; on va jusqu’à dire qu’il aurait « coulé le mouvement hippie à lui tout seul ».

En 1972, l’album School’s Out remporte un énorme succès. Le single de la chanson éponyme rencontre également un grand succès : il restera leur single le plus vendu pour les années 1970. Le disque vinyle est vendu emballé dans une culotte féminine en papier, soit un coup de publicité garanti20. L’album Billion Dollar Babies, paraissant l’année suivante, comporte des chansons qui deviennent des classiques du groupe comme Hello Hooray (une reprise), ElectedNo More Mr. Nice GuyBillion Dollar Babies. Il atteint la première position des ventes aux États-Unis et en Angleterre malgré certains titres choquants comme I Love the Dead (« j’aime les morts ») qui traite de nécrophilie. La tournée suivante est grandiose et Cooper se surpasse au niveau théâtral. Mais les choses ne tardent pas à se gâter.

Éclipsés derrière un chanteur charismatique et exubérant, certains membres du groupe préfèrent abandonner l’aspect théâtral en spectacle. Cependant, Alice Cooper lui-même n’est pas d’accord, pensant qu’ils doivent au contraire aller plus loin dans la démesure. À la fin de l’année 1973 sort Muscle of Love. Dès le début du projet, Bob Ezrin quitte le navire et Glen Buxton éprouve des problèmes de santé assez importants pour justifier un remplacement occasionnel. Sans obtenir un succès égal à son prédécesseur, l’album se classe dans le top dix américain mais les tensions internes grandissent. En 1974, à l’issue d’une longue tournée harassante, le groupe est mis en veilleuse. Warner, la maison de disques, en profite pour éditer un Greatest Hits aux juteuses retombées (no 8 aux États-Unis). Le groupe original se sépare fin 1974.

 

Années 1970

Alice Cooper entame une carrière solo en s’entourant de nouveaux musiciens (en particulier Dick Wagner et Steve Hunter aux guitares, ex-musiciens de Lou Reed, ils participeront aussi au premier album solo de Peter Gabriel). Il écrit l’album concept Welcome to My Nightmare qui raconte l’histoire d’un jeune garçon, Steven, plongé dans un cauchemar dont il ne parvient pas à trouver l’issue. Le disque est produit par Bob Ezrin, paraît en 1975 et s’impose avec des compositions comme Only Women BleedDepartment of Youth et Steven. On a aussi droit à une pièce devenue un classique, avec l’autre Vincent effrayant du septième art celui-là, Black Widow avec la voix de Vincent Price. Même si la violence originelle du rock d’Alice Cooper fait place à toutes sortes d’expérimentations allant du cabaret (Years Ago) au rock jazzy (Some Folks), l’ambiance est lugubre et malsaine. L’album est accompagné d’un téléfilm mettant en scène l’histoire, diffusé aux États-Unis. Le disque remporte un grand succès (no 5 aux États-Unis) et persuade le chanteur de continuer en solitaire. Un film retraçant les concerts de la tournée Welcome to My Nightmare montre les performances scéniques de Cooper, théâtral et délirant. L’acteur Vincent Price participe à cette tournée ; apparaissent sur scène un cyclope, un écran géant, des monstres et une troupe de danseurs dans laquelle s’illustre sa future femme, Sheryl Goddard.

Après ce succès, sa carrière décline lentement, tant à cause de ses problèmes d’alcool que des changements de mode. Le disco envahit les ondes radiophoniques et les jeunes se tournent davantage, soit vers les groupes punk, soit vers la seconde vague de heavy metal britannique (Def Leppard, Motörhead). Cooper, de son côté, ne caractérise plus le provocateur suprême qu’il était entre 1969 et 1975. Alors que les ventes de ses albums décroissent peu à peu, il maintient sa popularité grâce à des ballades qui lui valent certains de ses plus gros succès commerciaux (Only Women Bleed (1975), I Never Cry (1976), You and Me (1977) et How You Gonna See Me Now (1978). Les textes de cette dernière sont tirés d’une lettre qu’Alice Cooper écrit à sa femme alors qu’il est interné pour alcoolisme.)

Cooper apparait à la télévision, notamment au Muppet Show, et s’éloigne progressivement de son image anti-establishment. Au niveau musical, Alice Cooper Goes to Hell (1976) se présente comme une suite du précédent opus, avec la même recherche de diversité. Cette fois, Cooper se retrouve au purgatoire, jugé pour ses méfaits et c’est maintenant à lui-même de s’évader de son cauchemar. Il hante les nuits de Steven avec ses appels de détresse. La tournée de promotion prévue est annulée pour des problèmes d’asthme. La même année, il épouse Sheryl Goddard, danseuse et chorégraphe avec qui il a trois enfants. Si Alice Cooper Goes to Hell qui contient la pièce I’m the coolest, rencontre encore un succès estimable, le suivant, Lace and Whiskey (1977), traduit déjà une certaine baisse de popularité : celui-ci aborde les thèmes de l’alcoolisme et des films policiers en noir et blanc.

Alice Cooper sort en 1977 l’album live The Alice Cooper Show. Il est interné peu de temps après la sortie de cet album pour subir une première cure de désintoxication. Cette expérience traumatisante devient le sujet central de son nouvel essai, From the Inside (1978), qui comporte certaines sonorités disco et d’autres morceaux plus conformes au style traditionnel de leur auteur (InmatesWe’re All CrazyNurse RosettaSerious). Les textes sont inspirés de personnes rencontrées pendant son internement. L’album est coécrit par Bernie Taupin, parolier d’Elton John. La pochette représente le visage de Cooper à nouveau maquillé (il avait abandonné son maquillage sur le précédent) devant les portes d’un asile, des aliénés apparaissant derrière ses yeux. La même année, Alice reprend le morceau Because des Beatles, accompagné par les Bee Gees.

 

Années 1980 et incertitude

Flush the Fashion (1980) voit le chanteur s’essayer aux sonorités électroniques et new wave. L’accueil est timide. Cooper présente un nouveau look qui dissimule mal son piètre état physique. En 1981, Alice replonge dans l’alcool à plein temps. L’album Special Forces (1981) est une tentative de renaissance en un nouveau personnage. L’album fait une intrusion sur les ondes radio avec Who Do You Think We Are. La vidéo Alice in Paris 1982, maintenant difficile à se procurer, représente bien l’image de cette époque. L’album Zipper Catches Skin suit en 1982 pour appuyer cette tentative plus rock que les deux albums précédents ; mais ni le succès ni une tournée ne suivront.

À la suite de ces trois albums, Alice Cooper est épuisé mais il lui reste un album à livrer à Warner Bros. pour honorer son contrat. Il reçoit l’aide de deux anciens collègues, le producteur Bob Ezrin et le guitariste Dick Wagner. Il en résulte DaDa (1983) dont la pochette est empruntée à Salvador Dalí. Très expérimental et personnel, il se révèle un désastre commercial. L’album ne bénéficie d’aucune publicité ni spectacle. L’histoire présente un portrait lugubre d’une famille d’originaux dans laquelle un homme tourmenté cache un frère cannibale. Sombrant de plus en plus dans un alcoolisme frénétique, Alice Cooper frôle la mort à quelques reprises. La rumeur veut que, dans un état pitoyable, il projette une suite à Welcome to My Nightmare, en collaboration avec Dick Wagner et Joe Perry. Ce dernier, démissionnaire d’Aerosmith n’est pas au mieux de sa forme lui non plus. Le projet ne verra jamais le jour. En 1984, à la suite d’un diagnostic de cirrhose du foie, il renonce à l’alcool pour sauver sa vie et son mariage.

En 1986, Cooper est sobre et prêt pour son grand retour. Entouré de compositeurs, le chanteur garde désormais un œil sur les modes et troque sa tenue de provocateur contre un univers de film d’horreur de série B. Constrictor (1986), avec pour guitariste principal Kane Roberts, est orienté hard rock. Le titre He’s Back est sélectionné pour la bande originale du film Vendredi 13 (film, 1980). L’année suivante paraît l’album Raise Your Fist and Yell, plus heavy metal que l’album précédent. Alice joue un second rôle dans le film Prince of Darkness de John Carpenter et signe un titre dans la bande originale. Malgré le relatif insuccès des deux albums, les salles de spectacle se remplissent à l’occasion des tournées.

L’aspect théâtral et provocateur revient ; Cooper interprète alors des vieux titres comme Dead Babies qui scandalise l’association américaine conservatrice PMRC. Avec d’autres artistes de rock comme Ozzy Osbourne et Dee Snider du groupe Twisted Sister, Alice Cooper est pointé du doigt, accusé d’inciter les jeunes à la violence et au suicide. Certaines villes interdisent ses spectacles. Alice se défendra de cette accusation dans la chanson Freedom (album Raise Your Fist and Yell, 1987) et plus tardivement dans la chanson Hey Stoopid (1991). En 1989, Alice participe à la bande sonore du film Shocker de Wes Craven, auquel participent également Desmond Child, Paul Stanley de Kiss, Tommy Lee de Mötley Crüe, Iggy Pop, Megadeth, Dangerous Toys. Alice y interprète Shockdance, typé rap, en duo avec l’acteur Mitch Pileggi. Ce film comprend une reprise de No More Mr. Nice Guy par Megadeth. La même année, I Got a Line on You figure sur la bande originale du film Iron Eagle II.

 

Renouveau des années 1990

Toujours en 1989, on retrouve Alice Cooper avec le producteur Desmond Child. Pour son nouvel album, il choisit des invités prestigieux : Aerosmith et Bon JoviTrash est un succès et permet à Cooper de retrouver son ancien statut ; Only my Heart Talkin et Poison sont en outre des succès radiophoniques. Il récidive en 1991 avec Hey Stoopid où le chanteur s’offre les services de Slash, Joe Satriani, Steve Vai, Vinnie Moore et Mick Mars aux guitares ainsi que Nikki Sixx à la basse et Ozzy Osbourne pour les chœurs. Il apparaît ensuite en tant qu’invité dans le film Wayne’s World : il y interprète la chanson Feed my Frankenstein.

Le hard rock et le heavy metal tendent à s’épuiser au début de la décennie, avec notamment l’essor du grunge : Nirvana bouscule les standards de la musique et de l’apparence sur scène, contrastant avec le cuir, les chorégraphies et les feux d’artifice des années 1980. Cooper tente de s’adapter en collaborant avec Chris Cornell de Soundgarden. En 1994, il revient avec The Last Temptation : renouant avec ses concepts et ses personnages, il ressuscite Steven qui va rencontrer un inconnu qui se prétend forain dans un théâtre abandonné. Celui-ci lui présente les sombres réalités de la société américaine. Le forain est en fait une incarnation maléfique de la tentation qui essaiera de troubler Steven. Le disque est accompagné d’une bande dessinée signée Neil Gaiman, plus connu pour son comic book Sandman. Malgré ces efforts, le succès commercial n’est pas au rendez-vous. Par la suite, Cooper doit se contenter d’un succès limité qui s’accompagne paradoxalement du statut de véritable légende vivante.

Entre 1995 et 1999, c’est le vide quasi total, à l’exception de quelques spectacles dont une tournée avec Scorpions, une compilation (Classicks en 1995), un live (A Fistful of Alice en 1997) et un coffret de quatre disques (The Life and Crimes of Alice Cooper en 1999). Classicks se conclut avec une reprise de Fire de Jimi Hendrix, présente également dans le coffret. Courant 1997, il engage sa fille aînée, la danseuse et actrice Calico Cooper, alors âgée de seize ans, pour l’accompagner sur scène lors de ses concerts à la place de Sheryl Cooper, son épouse. En 1999, Cooper reprend la route pour ce qui, d’après l’apparence du chanteur et le choix des morceaux interprétés, ressemble à une tournée de promotion pour l’album The Last Temptation. Pendant cette période, Alice fait la connaissance de Rob Zombie, avec lequel il écrit un morceau, Hands of Death, utilisé sur la bande sonore de la série télévisée X-Files. Cette collaboration influence musicalement ses deux projets suivants.

 

Parcours sinueux des années 2000

En 2003 paraît The Eyes of Alice Cooper : l’album est annoncé comme un retour au son garage, pouvant rappeler Love It to DeathDirty Diamonds (2005) lui succède, Cooper y aborde ses anciens styles musicaux, des références à des groupes qui l’ont inspiré et des expérimentations. Ainsi, Sunset Babies est une référence aux Rolling Stones et on peut entendre Alice Cooper chanter à la manière de Johnny Cash sur The Saga of Jesse Jane. L’album contient une collaboration rap-rock avec Xzibit, Stand, en tant que bonus.

En 2008, Alice Cooper sort son vingt-cinquième album, Along Came a Spider. On notera quelques changements de line-up et notamment le départ du guitariste Ryan Roxie qui, après plus de dix ans de service au sein du groupe, a tiré sa révérence l’année précédente. L’album se veut conceptuel et raconte l’histoire d’un dangereux criminel, surnommé l’araignée (The Spider), qui assassine des jeunes filles en laissant leurs corps dépouillés d’une jambe. Son but est de rassembler huit jambes pour devenir lui-même une araignée, mais cet objectif finit par être contrarié lorsqu’il tombe amoureux de sa dernière victime. Il semblerait que l’araignée soit en fait Steven. Deux invités sont présents : Slash joue de la guitare sur le premier single Vengeance is Mine et Ozzy Osbourne joue de l’harmonica et chante sur Wake the Dead. Cet album connaît un certain succès commercial : c’est le mieux vendu au Royaume-Uni depuis The Last Temptation et aux États-Unis depuis Hey Stoopid. Alice Cooper opta pour une nouvelle apparence avec une nouvelle panoplie de costumes extravagants et une nouvelle version de son célèbre maquillage.

Alice Cooper met fin en décembre 2008 à sa tournée Psycho Drama Tour, qui avait débuté début 2007, pour mettre en place un nouveau spectacle, The Theatre of Death, au printemps 2009. Il ne s’agit pas d’une tournée promotionnelle d’Along Came a Spider, mais d’une forme de concert conceptuel avec une mise en scène théâtrale burlesque faisant la part-belle aux costumes, aux décors et à l’humour noir. Cooper y est notamment exécuté de quatre manières différentes. Dans ce cadre, Alice Cooper prendra part à de nombreux festivals européens, notamment le Hellfest français, la Foire aux vins d’Alsace et le Wacken Open Air allemand. Un CD/DVD live issu de cette tournée, Theatre of Death : Live At Hammersmith 2009, est sorti fin 2010. À l’occasion d’une conférence de presse donnée au Hellfest, Cooper annonce être en train de travailler sur un nouvel album, vraisemblablement intitulé Welcome 2 My Nightmare, avec les producteurs Bob Ezrin et Desmond Child. En mai de la même année, il ré-enregistre également cinq de ses plus grands classiques : ElectedI’m EighteenSchool’s OutNo More Mr Nice Guy et Welcome to my Nightmare, qui sont ensuite mis en vente sur le site officiel.

 

Années 2010

En décembre 2010, le Alice Cooper Group est annoncé parmi les nouveaux artistes admis au Rock and Roll Hall of Fame. Pour marquer le coup, Alice Cooper, Neal Smith, Dennis Dunaway et Michael Bruce se réuniront pour interpréter quelques titres à la cérémonie d’intronisation qui aura lieu en mars 2011, avec Steve Hunter à la guitare solo en remplacement de Glen Buxton, décédé en 1997. Alice Cooper annonce dans la foulée l’organisation de cinq concerts exceptionnels du Alice Cooper Group, vraisemblablement à Détroit, Los Angeles, New York, Toronto et Londres, des villes qui, d’après Cooper, ont joué un rôle prépondérant dans le succès du groupe. Cette annonce ne s’est finalement pas concrétisée.

Alice Cooper donne le coup d’envoi en mai 2011 d’une nouvelle tournée mondiale, baptisée No More Mr Nice Guy Tour. Cette tournée débutant en Amérique du Nord et se concluant en Europe après un passage par l’Amérique latine fait office d’intermède avant la sortie du nouvel album, Welcome 2 My Nightmare, qui est finalement sorti au cours de la tournée. Le 26 mai, il est victime d’une intoxication alimentaire et est contraint d’annuler le concert qu’il prévoyait de donner le soir-même à Santiago. C’est la première fois en trente ans qu’Alice Cooper annule lui-même un concert. Il se rétablit rapidement et est en mesure d’assurer le concert de Buenos Aires, au cours duquel il rajoute à sa setlist le titre Hey Stoopid (qui n’avait plus été joué depuis 1997) que des fans lui auraient réclamé en l’abordant dans les rues de la ville au cours de l’après-midi. Au cours de la tournée, un nouveau titre baptisé I’ll Bite Your Face Off est interprété durant chaque concert. En remplaçant Damon Johnson, invité à rejoindre le groupe Thin Lizzy, la guitariste Orianthi Panagaris devient en septembre 2011 la première femme à intégrer le groupe d’Alice Cooper en plus de quarante-cinq ans de carrière.

Welcome 2 My Nightmare, le vingt-sixième album d’Alice Cooper, est sorti le 13 septembre 2011. Conçu comme une suite à l’album Welcome to My Nightmare (1975)9, il voit la participation au processus de composition et d’enregistrement des nouvelles chansons de nombreuses personnalités ayant marqué la longue carrière de l’artiste. On peut citer parmi eux Bob Ezrin, avec lequel Alice est souvent associé au début de sa carrière ; les musiciens survivants du Alice Cooper Group, Dennis Dunaway, Michael Bruce et Neal Smith ; Dick Wagner et Steve Hunter, ex-guitaristes de Lou Reed qui avaient accompagné Cooper lors de ses premiers pas en tant qu’artistes solo ; ou encore la chanteuse Kesha. I’ll Bite Your Face Off est le premier single extrait de cet album, dont la tournée promotionnelle devrait s’ouvrir en 2012, après la conclusion du No More Mr. Nice Guy Tour.

En 2012, Alice Cooper annonce la réalisation d’un album de reprises en hommage à ses anciens amis Jim Morrison, John Lennon, Harry Nilsson, et Keith Moon. L’album sortira seulement en 2015, car Alice participe à la tournée d’adieu de Mötley Crue en 2014, ce qui ne lui laisse pas assez de temps pour faire une tournée pour cet album. En 2014, la guitariste Orianthi Panagaris quitte le groupe, et est remplacée par Nita Strauss, guitariste du groupe Iron Maidens (groupe de reprise d’Iron Maiden). Cette même année, Cooper reprend les chansons Eleanor Rigby et Smile Away des Beatles pour un album en hommage à Paul McCartney nommé The Art of McCartney.

En 2015, il forme un groupe, Hollywood Vampires, avec Joe Perry, guitariste du groupe Aerosmith, et l’acteur et musicien Johnny Depp. En août 2016, Alice Cooper annonce se présenter à la course à l’élection présidentielle américaine, avec un programme humoristique. Il utilise Elected, censée ressortir en 2016, comme chanson de campagne.

En 2017, Alice Cooper sort Paranormal, son vingt-septième album avec comme collaborations, à la batterie, Larry Mullen Junior de U2, à la guitare, Billy Gibbons de ZZ Top et à la basse, Roger Glover de Deep Purple.

Le dimanche de Pâques 2018, Alice Cooper joue le rôle d’Hérode dans la performance live de NBC Jesus Christ Superstar Live in Concert d’Andrew Lloyd Webber. Les critiques ont été positives, avec notamment celle de Noel Murray du New York Times qui écrit « la performance à couper le souffle d’Alice Cooper [est comme un] moment de clarté saisissant » et celle de Lorraine Ali du Los Angeles Times qui décrit sa performance comme « étrange. Oui, mais aussi parfait dans une sorte de « Billion Dollar Babies », dramatique et diabolique. La part de Cooper est petite mais indélébile ». Cooper avait déjà enregistré la chanson (bien qu’il ne l’ait pas jouée en direct) en 2000, avec le casting du revival de Londres en 1996.

 

Collaborations musicales

En 1978 Alice Cooper joue dans la collaboration musicale de Peter Frampton avec les Bee Gees Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ; il y interprète le personnage de Father Sun sur le morceau Because (Beatles).

En 1985, Alice Cooper chante deux couplets sur le titre Be Chrool to Your Scuel, issu de l’album Come Out and Play du groupe de hard rock Twisted Sister. Il apparait également dans le clip vidéo consacré à cette chanson. En 1991 il chante en duo avec Axl Rose la chanson The Garden présente sur l’album Use Your Illusion I du groupe de hard rock Guns N’Roses.

En 2008, Tobias Sammet obtient, par le biais d’Eric Singer (qui joue de la batterie pour les deux artistes), la collaboration d’Alice Cooper sur le titre The Toy Master pour le nouveau volet du projet opéra-metal Avantasia. Alice Cooper participe en 2009 à l’enregistrement de Slash, le premier album solo de Slash (ancien membre de Guns N’ Roses). Alice Cooper y chante une chanson bonus, Baby Can’t Drive (uniquement disponible sur l’édition Classic Rock Slashpack), en duo avec Nicole Scherzinger des Pussycat Dolls.

 

Engagements et activités parallèles

Investissements et vie locale

Alice Cooper fonde le restaurant Alice Cooper‘s Town à Phoenix. Il est aussi à l’origine de la réfection du panneau Hollywood en 1978, alors très fortement dégradé et voué à disparaître. Il finance lui-même le dernier « O ».

Dans une entrevue accordée à Golf Digest en décembre 2006, Cooper raconte qu’au début des années 1980, il pouvait ingurgiter une grande quantité d’alcool chaque jour et cependant jouer au golf, parfois complètement saoul. Après avoir vu la mort de tout près, il entreprend de s’adonner sobrement au golf à raison de 36 trous par jour pendant un an. Une décision qui change sa vie, puisqu’il n’a jamais repris un verre d’alcool depuis. Le golfeur, qui présente aujourd’hui un index de 5,3, avoue également avoir trouvé dans le golf une « drogue » enivrante. « Le golf est le crack du sport ! À partir du jour où j’ai commencé à jouer sérieusement, je suis devenu accro et le golf a sauvé ma vie », affirme-t-il. Par contre plusieurs affirment que c’est par son retour au christianisme qu’il a réussi à devenir sobre.

Contrairement à ce qui est couramment prétendu, Alice Cooper n’a jamais pratiqué l’occultisme. Il est de confession chrétienne et est engagé dans une grande église protestante américaine. Il a aussi fondé la Solid Rock Foundation, association qui vient en aide à des jeunes défavorisés.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/463597-Alice-Cooper-2

AEROSMITH

Aerosmith est un groupe rock américain originaire de Boston dans le Massachusetts.

Formé en 1970, ses membres sont parfois appelés « Les Bad Boys de Boston ». Son style hard rock, typique des années 1970, enraciné dans le blues, en est venu à également intégrer des éléments de pop, de metal et de rhythm and blues, et a inspiré de nombreux artistes de rock et de metal ultérieurs.

Aerosmith est l’un des groupes de rock qui a connu le plus de succès, avec 150 millions d’albums vendus dans le monde, dont 67 millions aux États-Unis. Les membres du groupe ont placé 21 hits au Top 40 dans le Billboard Hot 100, et 9 hits no 1 à la Billboard Mainstream Rock List. Ils ont également remporté 4 Grammy Awards et 10 MTV Video Music Awards (catégorie dans laquelle ils arrivent premiers). Ils ont été intronisés au Rock and Roll Hall of Fame en 2001 et ont été classés 57e parmi les 100 plus grands artistes de tous les temps du magazine Rolling Stone en 2005.

 

Historique

Débuts

En 1966, Steven Tyler, jeune batteur à Boston, enregistre pour la première fois en studio avec son groupe Chain Reaction. De leur côté, le guitariste Joe Perry et le bassiste Tom Hamilton forment, en 1969, le Jam Band, un power trio à la Cream. La même année, les deux groupes jouent régulièrement à the Barn, un club du New Hampshire, touchant un cachet de trente dollars par soir. Tyler entend et est enjoué par la reprise du Rattlesnake Shake de Fleetwood Mac par le Jam Band. La fusion des deux groupes marque la naissance d’Aerosmith.

En 1971, l’ancien guitariste de Chain Reaction, Ray Tabano, quitte Aerosmith et est remplacé par Brad Whitford. Tyler devenant le chanteur, le batteur Joey Kramer se joint au groupe. Le bouche à oreille permet à Aerosmith de se fixer à Boston, où il joue dans le circuit des bars des campus. Un noyau de fans le suit déjà dans tous ses déplacements.

 

Premiers albums et ascension (1972-1978)

Épaté par son passage explosif au Max’s Kansas City de New York, Clive Davis, le patron de Columbia lui offre un contrat en 1972. Un premier album, sans titre, au rock brut, primaire et mélodieux (incluant une reprise de Rufus Thomas), sort début 1973. Les ventes sont modestes et le succès en 45 tours de la ballade Dream On reste régional. Le groupe accompagne Blue Öyster CultMott the Hoople et The Kinks en tournée, ce qui lui permet de conquérir un public de plus en plus vaste.

En 1974, après avoir tourné longtemps en première partie, le groupe sort Get Your Wings, produit pour la première fois par Jack Douglas, qui sera le producteur de tous leurs autres succès des années 1970. L’album contient le titre Same Old Song and Dance, devenu un classique du groupe, ainsi que Train Kept A-Rollin’, en son temps popularisé par The Yardbirds, qui reste encore souvent joué de nos jours. Cet album contient également des chansons moins connues mais très appréciées des fans comme Lord of the ThighsSOS (Too Bad) et Seasons of Wither.

En 1975, sort Toys in the Attic qui devient un succès instantané. Cet album permet enfin au groupe d’accéder à la célébrité et de devenir des rockstars, à l’instar de Led Zeppelin et des Rolling Stones. Il contient de grands classiques comme Walk This Way et Sweet Emotion qui devient le premier single Top 40 du groupe. En plus de ces deux hits, l’album contient les titres Toys in the Attic et Big Ten Inch Record qui deviendront des classiques de concert. L’album devient également le disque studio du groupe le plus vendu aux États-Unis avec plus de 8 millions d’exemplaires.

En 1976, sort Rocks qui confirme encore plus le statut de superstar du groupe. La tournée l’amène en Europe et au Japon pour la première fois. La qualité du disque suscite de nombreux éloges envers Aerosmith et influence de nombreux artistes comme les groupes Guns N’ Roses et Metallica.

En 1977, sort Draw the Line, décevant aux yeux de la critique et des fans, comparé aux deux précédents albums, qui se vend tout de même à 2 millions d’exemplaires, aux États-Unis. Seuls deux titres connaissent un certain succès : Draw the Line et Kings and QueensCeci s’explique par une consommation record de drogues pour le groupe à l’époque. Néanmoins la tournée qui suit est concluante, avec de nombreuses dates aux États-Unis.

En 1978, le groupe décide de sortir son premier disque live, intitulé Live Bootleg et, considéré comme l’un des plus grands albums live de l’histoire de la musique, il est marqué par l’aspect sale et brut de la qualité audio du disque. Le groupe repart pour une tournée qui passe par le Texas Jam ’78, en tête d’affiche devant plus 150 000 personnes.

 

Période délicate (1979-1985)

En 1979, juste après l’enregistrement de l’album Night in the Ruts, Joe Perry quitte le groupe après des différends avec Steven Tyler puis fonde The Joe Perry Project ; il est remplacé par Jimmy Crespo et le groupe repart en tournée pour promouvoir l’album qui se vend encore moins bien que Draw the Line.

1980 voit la sortie de Greatest Hits, une compilation qui reprend les plus grands tubes du groupe des années 1970. Il devient leur disque le plus vendu aux États-Unis. À la fin de cette même année, Steven Tyler se blesse grièvement lors d’un accident de moto et il ne peut ni partir en tournée ni enregistrer le nouvel album, durant toute l’année 1981, année durant laquelle Brad Whitford quitte le groupe et est remplacé par Rick Dufay.

Rock in a Hard Place sort en 1982 mais la majorité des fans le trouve plutôt moyen ; il ne devient disque d’or qu’aux États-Unis, ce qui est peu comparé aux ventes de ses prédécesseurs. Aerosmith part ensuite en tournée à travers les États-Unis. Le 14 février 1984, Joe Perry et Brad Whitford font une apparition à un concert du « nouveau » groupe avant de le réintégrer, deux mois plus tard. Pour fêter ce retour, Aerosmith s’embarque, en 1984, dans une nouvelle tournée très lucrative, nommée Back in the Saddle : Reunion Tour, marquée par des incidents liés à des abus de drogues.

En 1985, le groupe signe un contrat avec Geffen Records et sort Done with Mirrors qui ne se vend pas très bien mais dépasse tout de même les ventes de Rock in a Hard Place.

 

Apogée commerciale (1986-1995)

En 1986, le groupe part en tournée de promotion avec un succès identique à la tournée précédente. Cette même année, le groupe enregistre avec Run–DMC une reprise de leur hit Walk This Way ; cette association inédite entre rap et rock fait date et marque un retour en force d’Aerosmith, leur offrant la popularité auprès d’une nouvelle génération. À cette époque, les membres du groupe se droguent encore, plus particulièrement Steven Tyler et Joe Perry ; ils entrent tous en cure de désintoxication et travaillent ensuite durement sur l’album suivant.

En 1987, Permanent Vacation sort et devient un grand succès, se vendant à 5 millions d’exemplaires aux États-Unis, grâce aux hits Dude (Looks Like a Lady)Angel et Rag Doll. Le groupe entame ensuite un tournée aux États-Unis puis au Japon, qui se poursuit jusqu’en 1988.

En 1989, Pump sort, battant les ventes de Permanent Vacation, avec 3 singles dans le Top 10 : Janie’s Got a GunLove in an Elevator et la ballade What it Takes. Cette réussite rétablit définitivement Aerosmith comme un des plus grands groupes de rock ‘n’ roll. Pour promouvoir l’album, le groupe reprend la route pour le Pump tour qui dure 12 mois et est marqué par son retour dans les salles européennes, pour la première fois depuis 1977, ainsi que l’unique passage du groupe en Australie. 1989 est aussi l’année de la sortie de l’album Trash d’Alice Cooper, qui s’offre ainsi un coup de main de la part, entre autres, d’Aerosmith.

1991 voit la sortie d’une compilation de trois CD nommée Pandora’s Box, qui contient les hits de la « période Columbia » ainsi que de nombreuses raretés issues de cette période. Le groupe apparaît ensuite dans un épisode des Simpsons, intitulé « Un cocktail d’enfer ».

En 1992, Steven Tyler et Joe Perry font une apparition au concert de Guns N’ Roses à l’hippodrome de Vincennes, à Paris ; ils accompagnent le groupe pour Mama Kin (Guns N’ Roses a repris ce titre en 1986) et Train Kept A-Rollin’. Cette même année, Aerosmith entre en studio pour enregistrer le successeur de Pump (album).

En 1993, après de longs mois passés en studio, sort Get a Grip qui devient le plus grand succès du groupe, avec 20 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Il contient de nombreux hits, comme Eat the Rich (différent du titre éponyme de Motörhead sorti en 1989 sur Rock ‘n’ Roll), Livin on the Edge ainsi que les trois célèbres ballades Cryin’Crazy et Amazing. La présence de ces chansons plus « douces », qui connaissent un grand succès à la radio et sur MTV, fait dire aux fans de la première heure que le groupe s’est vendu. La tournée de promotion de l’album dure 18 mois, pour 240 concerts, partout dans le monde (ce qui reste à ce jour leur plus grand nombre de concerts donnés en une seule et même tournée).

En 1994, sortent deux compilations : Box Of Fire, contenant tous les albums du groupe sortis chez Columbia, et Big Ones qui rassemble les plus grands hits de la « période Geffen » et trois inédits. Après une longue tournée, les membres prennent des vacances en famille, avant de s’atteler à l’album suivant, réalisé avec Columbia Records.

 

Nine Lives : nouvel album mitigé (1996-1999)

En 1996, Aerosmith entre en studio pour enregistrer Nine Lives, marqué par une déclaration du manager du groupe, Tim Collins, affirmant que Steven Tyler se drogue à nouveau. Cette déclaration aurait pu sonner la fin du groupe : Steven Tyler envisage sérieusement de le quitter mais, finalement, il décide de continuer l’aventure et Tim Collins est gracieusement remercié.

L’enregistrement aboutit finalement et l’album sort en 1997, accompagné de critiques mitigées ; l’album ne rencontre pas le succès de son prédécesseur mais se vend à 5 millions d’exemplaires dans le monde. La tournée qui suit est mouvementée : plusieurs dates sont annulées à cause d’une blessure au genou de Steven Tyler et d’une brûlure au second degré au bras de Joey Kramer ; elle dure 2 ans et le groupe donne 204 concerts dans le monde.

En 1998, sort un double album en public intitulé A Little South of Sanity, enregistré durant les tournée Get a Grip et Nine Lives. Cette même année, le groupe enregistre I Don’t Want to Miss a Thing, ballade pour la bande originale du film Armageddon (dans lequel joue Liv Tyler, fille de Steven Tyler). Cette chanson est un énorme succès, restant plus d’un mois au sommet des classements, et sera jouée à la cérémonie des Oscars 1999.

 

Années 2000

En 2001, le groupe sort Just Push Play, vendu à 3 millions d’exemplaires, grâce notamment à Jaded. La tournée de promotion se déroule uniquement aux États-Unis et Japon, donnant le jour au live Rockin’ the Joint, enregistré à Las Vegas (sorti en 2005). Cette même année, le groupe est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame.

En 2002, sort la compilation O, Yeah! Ultimate Aerosmith Hits, certifiée deux fois disque de platine, contenant deux titres inédits : Girls Of Summer et Lay It Down. Pour promouvoir cette compilation, le groupe assure une tournée de 51 dates à travers les États-Unis, intitulée Girls Of Summer Tour.

En 2003, le groupe partage une tournée commune avec Kiss.

En 2004, le groupe produit Honkin’ on Bobo, album de reprises du répertoire blues jouées dans le style d’Aerosmith. Le DVD live You Gotta Move est enregistré durant la tournée qui s’ensuit.

En 2005, sort Rockin’ the Joint, suivi d’une nouvelle petite tournée à travers les États-Unis.

En 2006, une nouvelle compilation sort, Devil’s Got a New Disguise: The Very Best of Aerosmith, contenant deux chansons inédites : Devil’s Got A New Disguise et Sedonna Sunrise. Le cancer de la gorge de Tom Hamilton et l’opération d’un anévrisme de la gorge de Steven Tyler retardent l’enregistrement du nouvel album, remplacé par la compilation et, quand Aerosmith et Mötley Crüe partent pour la tournée intitulée Route of a Evil Tour, Hamilton ne peut pas y participer, pour la première fois de sa carrière.

En 2007, le groupe annonce un nouveau World Tour, qui doit le mener dans des pays où il n’a pas joué depuis 8 ans (Nine Lives Tour), 14 ans (Get A Grip Tour) ou même jamais. Il passe par Paris-Bercy, le 19 juin 2007.

En 2008, Aerosmith annonce mettre la touche finale à son nouvel album qui doit sortir en 2009, accompagné d’une tournée américaine à partir d’avril 2009, elle-même précédée d’un concert géant au stade Olympique de Caracas le 1er février 2009. Le 15 janvier, le groupe annonce sur son site officiel l’annulation du concert de Caracas, due à une complication de la prothèse du genou de Joe Perry.

Le 5 janvier 2009, lors d’une interview donnée à ABC News Radio, Joe Perry déclare que le groupe est entré en studio pour enregistrer le nouvel album « à l’ancienne », à savoir par le biais de sessions live en studio, sous la houlette de Brendan O’Brien qui a travaillé entre autres avec AC/DC et Bruce Springsteen. Après avoir déserté les routes pendant plus d’un an, le groupe repart en tournée nord-américaine, accompagné de ZZ Top en première partie. Le 6 novembre 2009, Joe Perry déclare au Las Vegas Sun que Steven Tyler aurait décidé de quitter le groupe. Ce dernier n’aurait pas donné d’explications aux membres du groupe quant à ses projets en solo mais, le 12 novembre 2009, profitant d’un concert de Joe Perry, Steven Tyler monte sur scène afin d’interpréter avec lui Walk This Way. Avant cela, il s’exprime face au public : « Je veux que New York sache que je ne quitte pas Aerosmith. Et Joe Perry, tu es un homme plein de couleurs, mais, moi, putain, je suis l’arc-en-ciel ! ».

 

Années 2010

Malgré toutes les complications qu’a connues Aerosmith, Steven Tyler reste dans le groupe et ils célèbrent leurs 40 ans de carrière par une grande tournée qui débute en Amérique du Sud, se poursuit en Europe et se termine aux États-Unis, passant par le Download Festival, le Graspop Metal Meeting et à Bercy.

En 2011, alors que le groupe semble prêt à enregistrer son 15e album, Steven Tyler déclare au magazine Rolling Stones être sans nouvelle de Joe Perry.

Le 14 mai 2011, le groupe annonce qu’il entrera en studio en juillet pour réaliser son nouvel album, annoncé pour mai 2012, avec le producteur Jack Douglas. Cet album doit revenir aux sources d’Aerosmith, avec un son plus brut que les précédents. Le groupe communique le titre de l’album, Music from Another Dimension, dont il repousse la sortie au 6 novembre 2012.

En 2013, Aerosmith se lance dans une tournée mondiale nommée Aerosmith’s Global Warming World Tour, qui se poursuit en 2014 par des dates en Europe, dont le Hellfest, le 21 juin 2014.

Le 24 juin 2016, Steven Tyler déclare la séparation prochaine du groupe, au terme de la tournée We’re All Somebody For Somewhere, mais annonce par la suite que le groupe ne se sépare pas.

En juin 2017, Aerosmith se produit au Hellfest de Clisson, pour ce qui avait été annoncé comme son ultime tournée, poursuivie le mois suivant à travers le monde.

Néanmoins, le groupe annonce en 2020 une tournée européenne « 50e anniversaire » devant faire escale à l’AccorArena de Bercy le 14 juin 2021, qui sera reportée d’un an en raison de la pandémie de Covid-19 en France.

 

Membres

Membres actuels

  • Steven Tyler : chant, piano et harmonica (depuis 1970)
  • Joe Perry : guitare, chœurs (1970–1979, depuis 1984)
  • Brad Whitford : guitare (1971–1979, depuis 1984)
  • Tom Hamilton : basse (depuis 1970)
  • Joey Kramer : batterie et percussions (depuis 1970)

 

Anciens membres

  • Ray Tabano : guitare (1970–1971)
  • Jimmy Crespo : guitare (1979–1984)
  • Rick Dufay : guitare (1980–1984)
  • Thom Gimbel : synthétiseur et saxophone (1988–1996)

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/48424-Aerosmith

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